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51ème Congrès
de la Société des Anglicistes de l'Enseignement Supérieur
Paris, 20 - 22 mai 2011

Atelier 9 - Etudes irlandaises (SOFEIR) - Résumés
Mardi, 30 Novembre 2010 13:04

 

Cécile Bazin (Paris 3) & Estelle Epinoux (Limoges) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. & estelle.epinoux@unilim@fr

« Les protestants dans le film An Everlasting Piece : images hors cadre / hors champ ? »

Cette communication portera sur l’étude du film de Barry Levinson (scénario de Barry McEvoy) An Everlasting Piece (2000) et plus précisément sur l’image des protestants qu’il en donne, en observant si cette dernière se situe dans un hors cadre ou un hors champ.
Afin d’aborder cette question, nous analyserons, à travers une approche esthétique, les notions de cadre, de hors cadre et de hors champ, celle du genre du film (comédie) et l’image des protestants qui y est proposée. Ces éléments nous permettront de mettre en évidence que par certains aspects, An Everlasting Piece est en effet ‘décalé’ par rapport aux films existants sur l’Irlande du Nord. Par ses thématiques (processus de paix, divisions communautaires…) le film s’insère-t-il dans une continuité cinématographique traitant de l’Irlande du Nord ou peut-on parler d’un nouveau genre, la comédie politique ?
Ces références récurrentes à la dimension politique indiquent combien elle est inhérente à l’essence même du film. Elles seront étudiées par rapport à l’image de l’espace politique et à celle de la géographie du lieu, qui donnent à voir une perception novatrice de Belfast. Comment interpréter cet espace ‘réimaginé’ visuellement, les protestants y étant présentés comme des ‘objets’ politiques, hors champ dans le film et hors cadre dans le processus de paix ?
Bien qu’omniprésente, la dimension politique devient à son tour hors cadre pour aborder des questions plus générales sur la place du protestant comme individu dans la société nord-irlandaise ou alors celle des femmes. Plus globalement, le film propose une réconciliation entre protestants et catholiques, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives de reconstruction pour un pays qui s’insère dans une économie de marché dépassant alors le modèle binaire nord-irlandais.

 

Audrey Bentz (Besançon) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

« La musique punk irlandaise : entre tradition et modernité »

La musique punk irlandaise est souvent amalgamée – à tort – à son homologue anglaise. Toutefois cette musique possède une réelle spécificité que l’on s’attachera à démontrer dans cette communication.
Dans un premier temps, nous dégagerons les caractéristiques de ce courant musical tout en insistant sur l’aspect traditionnel inhérent à ce dernier. Comment concilier tradition(s) et musique punk ?
Par la suite, nous verrons s’il existe une différence entre la musique punk produite dans la République d’Irlande et en Irlande du Nord à travers les principaux acteurs de cette musique.
Pour finir, nous nous demanderons comment le punk irlandais a su conserver son caractère « authentique » malgré le virage commercial pris au cours de ses dernières décennies.

 

Cécile Chartier (Paris 3) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

« Fitz-James O’Brien et le contre-modèle du personnage irlandais dans A Gentleman From Ireland »

En décembre 1854, la pièce A Gentleman From Ireland, écrite par Fitz-James O’Brien, fut créée au théâtre Wallack, sur Broadway. Il s’agit d’une comédie en deux actes reposant sur un quiproquo autour de Gerald Fitzmaurice, noble irlandais désargenté dont le domaine est en ruine. Le personnage principal passe quelques heures en compagnie d’une famille bourgeoise londonienne. La pièce repose sur une déconstruction comique des stéréotypes concernant les Irlandais. Dans le New York des années 1850, ces stéréotypes sont multiples et instables, oscillant entre le stage Irishman que le public anglais voient volontiers idiot, le petit noble amateur de boissons alcoolisées et de duels mais aussi le gredin analphabète qui contribue à la délinquance grandissante d’une cité qui accueille chaque semaine de nouveaux nécessiteux chassés d’Irlande par la famine et où immigration irlandaise semble souvent synonyme d’extrême violence urbaine.
Le personnage de Gerald Fitzmaurice permet à l’auteur d’offrir un nouveau visage à l’Irlandais, dont la noblesse ne serait pas que dans les titres vieillis mais aussi dans la grandeur d’âme. Comment la construction de ce nouveau modèle de personnage irlandais participe-t-elle au ressort comique de la pièce ? Une des clés du fonctionnement de la pièce est que l’identité irlandaise est deux fois déplacée : une première fois parce que Fitzmaurice est à Londres, une seconde fois car la pièce est jouée à New York. L’identité anglaise s’en trouve donc, par ricochet, elle aussi redéfinie.

 

Claire Dubois (Lille 3) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

« Représentations de la femme irlandaise dans les caricatures nationalistes du XIXème siècle »

Erin, allégorie de l'Irlande dans les dessins de presse du Weekly Freeman, de The Nation ou encore de United Irishman, est un personnage on ne peut plus ambigu. Parfois représentée comme une femme forte, souvent comme une victime, elle reprend nombre des caractéristiques de Hibernia, allégorie tirée de Punch ou de Judy. Cette communication tentera de comprendre le rôle de cette représentation allégorique de l'Irlande, entre appel aux armes et élément favorisant l'émergence d'une identité collective nationale, si problématique soit-elle.

 

Imelda Elliott (Littoral) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

« La législation sur l’École en République d’Irlande à la fin du XXème siècle : le local et l’international »

Après l’indépendance de l’Irlande en 1921, aucune loi d’orientation sur l’École ne fut promulguée en l’espace de près de huit décennies. Si quelques textes de loi touchant à certains aspects du système furent néanmoins votés tels que celui de 1930 relatif à l’enseignement technique et si d’autre part plusieurs documents officiels furent publiés pendant les années 1980 (livre blanc 1980...), ce n’est que pendant la dernière décennie du vingtième siècle qu’une loi d’orientation sur l’éducation se concrétisa après la publication d’un livre vert (1992), d’un livre blanc (1995) et d’un projet de loi (1997).
Pourquoi l’Etat ressentait-il la nécessité de mettre en place une loi sur l’École en 1998 ? Dans quelle mesure les acteurs et les intérêts locaux empêchèrent-ils la mise en place d’une législation ? Le contexte plus international des années 1990 favorisa-t-il l’établissement d’une loi sur l’École ?
Quel est le contenu de cette législation ? Existe-t-il d’autres lois qui influent sur l’École ? Quels sont les effets de la législation sur l’organisation des écoles, sur le rôle des personnels ainsi que sur les droits des élèves et ceux de leurs parents ?

 

Simon Hierlé (Lille) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

« Une approche méthodologique de la notion de ‘crise’ dans le contexte du catholicisme irlandais contemporain »

Nous souhaiterions proposer, à travers l’exemple du catholicisme irlandais, une réflexion sur la notion de crise et ce qu’elle implique dans le champ de la recherche en sciences humaines.
Ses défenseurs comme ses détracteurs s’accordent sur ce point, l’Église catholique irlandaise traverse une crise. Crise des vocations, crise théologique, crise charismatique, tous s’entendent sur ce que « subit » l’Église à défaut de s’accorder sur les raisons ou sur les solutions. Que l’on soit chercheur, journaliste ou encore religieux, il semble acquis de partir de ce postulat pour analyser ce qu’est l’Église catholique irlandaise contemporaine.
Au risque de compliquer le débat, il nous semble que cet axiome pose quelques problèmes en biaisant la réflexion avant même qu’elle ne soit réellement engagée.
Premièrement, la notion de crise sous-entend une rupture brutale, un événement qui aurait bouleversé un ordre établi, permettant ainsi d’établir un « avant » et un « après ». Dans le cas qui nous concerne, nous souhaiterions montrer qu’il est difficile d’établir de façon satisfaisante quel pourrait être ce moment clé.
Deuxièmement, l’idée même de « crise » renvoie nécessairement à la notion de « stabilité » : il semblerait logique, en effet, de considérer qu’une période ait été stable pour qu’elle débouche ensuite sur une crise. Nous souhaiterions expliquer pourquoi cette notion ne nous convient pas dans le cadre de notre étude.
Troisièmement, la notion de crise est subjective en ce qu’elle renvoie à d’autres notions comme la fatalité, quelque chose que l’on subit, ou encore à la culpabilité, quelqu’un ou quelque chose étant nécessairement à l’origine du changement. La notion de crise n’incite pas à regarder ce qu’a pu être l’évolution du catholicisme en Irlande, mais plutôt à chercher les causes et les conséquences.
On ne peut cependant nier que le terme « crise » soit le reflet d’une réalité tangible, nous tâcherons donc d’expliquer notre sentiment à ce sujet.

 

Ciara Hogan (Paris 5) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

“Moral Law and the Female Body in Maria Edgeworth's Castle Rackrent

`Didn't ye hear of it?' says they that were looking on; `it's my lady Rackrent's car that was running away from her husband, and the horse took fright at a carrion that lay across the road, and so ran away with the jaunting car, and my lady Rackrent was all kilt and smashed?’ (from Castle Rackrent, by Maria Edgeworth)
Taking the anecdote as its smallest minimal unit, the proposed paper will examine the role of popular gossip in defining the everyday moral universe of Maria Edgeworth's Castle Rackrent (1801). In order to do so, it will return to the frequently-overlooked extract from the novel from which my epigraph is taken: Judy's account of the downfall of Isabella Rackrent. While the novel's action as a whole is mainly constructed as an affair amongst men - the tale recounts the history of a series of Rackrent heirs, transmitted by a male narrator to a male editor - , my paper will inquire into the role played by women in illuminating and defining the Rackrent’s moral economy.
Understood as the network of mores, laws, or codes structuring everyday relations between the novel's interest groups, Rackrent's moral economy is typically construed in terms of the mischievous relativism of its narrator, Thady Quirk. Although Judy's smug sketch of her rival's disfigured body may appear discontinuous with the more indulgent portraiture that characterises Thady's tale as a whole, I will be emphasising how it nonetheless provides us with a structural paradigm, a grammar, and set of signs consistent with Rackrent's account of its family's humiliation and social collapse.

 

Kristine Jouanne (IEP Paris) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

“How Much of a Man is Three-Fifths of a Man? Fitz-James O’Brien and the Dred Scott Decision”

1850’s America was a time of radical social, religious and political upheaval: movements abounded for women’s rights, vegetarianism, animal rights, prohibition, spiritualism, and of course abolition. Irish writer and newspaper columnist Fitz-James O’Brien was in the thick of it with his social commentary but also with his fiction. This paper will situate O’Brien’s 1859 short story of the supernatural, “What Was It?”, in this context and will demonstrate how the story can be read metaphorically as a denunciation of the Supreme Court’s 1857 Dred Scott decision based on the recently newsworthy Constitutional compromise defining blacks as the three-fifths equivalent of whites.

 

Agnès Maillot (Dublin City University) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

“The body as a political weapon in Steve McQueen’s Hunger

The 1980-1981 hunger strikes were a defining moment in the history of the Republican Movement. Hundreds of men subjected their bodies to extreme conditions during the four-year Dirty Protest. With the hunger strikes, they were willing to go one step further and use their bodies as the ultimate bargaining tool. The suffering, the physical transformations, but also the strength and the resilience of these men is what Steve McQueen sought to capture in his film Hunger. Like no other film before, it put the body, and bodily parts, at the centre-stage of the conflict between the IRA/INLA and the authorities, between the inmates and their wardens. From the opening scene, which shows - almost in slow motion - the washing of the bruised hands of a warden who has just used force against an inmate, to the last hours of Bobby Sands, Hunger depicts, without complacency, the sheer brutality of this conflict which took all men involved to extremes that they would not have imagined possible. After having briefly analysed the historical context of the hunger strikes, this paper will study the representation of the body through different angles: brutality and violence, decay and decomposition, resistance and regeneration. It will look more particularly at the manner in which the director uses the body as a political weapon.

 

James McCabe (Paris Ouest) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

“The Irish Lexis in the English language: Towards a more comprehensive classification and thematic analysis.”

The Irish lexis in the English language, though limited in volume, is quite varied. It is also, for related reasons, quite difficult to circumscribe and, beyond that, to categorise. On the basis of a privately-constituted inventory (a broad-based compilation of Irish words and phrases in the English language), and taking into account key analyses by scholars and lexicographers, this presentation will outline the major difficulties facing a classificatory system of this lexis while attempting to lay the basis for a more comprehensive, analytical survey, with a particular focus on words and expressions that have achieved currency outside of Ireland.

 

Fiona McCann (Lille 3) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

‘The Good Terrorist(s)’? Interrogating gender and violence in Ann Devlin’s ‘Naming the Names’ and Anna Burns’ No Bones

Strong, powerful, militant women loom large in the mythology and history of Ireland, and yet, as Brendan Kennelly has pointed out, ‘[t]he history, or herstory, of Irish women is rather like that of the Irish language – much talked about but little heard.’ (Kennelly, 1994) From Queen Medb of Connaught to Constance Markievicz to the women of Cumann na mBan and the Provisional IRA, Irish women have, over the centuries, demonstrated their unwillingness to shy away from involvement in battle or political conflict.
If the conflict in the north of Ireland has provided fertile territory for novelists writing either what is often referred to as ‘Troubles Trash’ (Patten, 1995) or more quality fiction, there nevertheless appears to be a marked reluctance on the part of writers of fiction to engage with representations of female paramilitaries. This paper aims to analyse the depiction of IRA female volunteers in Ann Devlin’s ‘Naming the Names’ (1986) and Anna Burns’ No Bones (2001) and to consider the relationship established between gender and violence in these texts. To what extent do the female terrorists portrayed conform to the 'mother, monster, whore' paradigm identified by Laura Sjoberg and Caron Gentry (2007) in their study of women's violence in global politics? What differences, if any, are established with these characters' male counterparts? What formal innovations do these authors use in order to represent these female characters who participate in political violence? And can these works of literature be considered as feminist fictions?

 

Fabrice Mourlon (Paris 13) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

“Pricing loss and trauma: an assessment of legislation compensating for victims of political violence in Northern Ireland”

Ireland and Britain have a long history of compensating victims for criminal injuries or material damage dating back from the 13th and the 17th centuries. Legislation evolved according to historical events that marked the relationship between the two countries. More recently, as the conflict broke out in the late 1960s in Northern Ireland, the Criminal Injuries to Persons (Compensation) Act (NI) 1968 was passed to bring the Northern Irish law in line with that in Great Britain. Like its British counterpart it had been designed as a modern and generous dispensation towards victims of crime in general at a period of relative peace. It was then enforced in a different context from which it had originally been devised. Faced with an ever-increasing demand for compensation due to political violence, adaptation and evolution of the legislation and its enforcement has wavered between taking account of the local situation and being on a par with similar dispensation in the rest of the UK. This compensation system has fuelled resentment and anger among victims who felt they had been treated unfairly. To them it revealed the lack of acknowledgement and consideration society had shown their plight.
This paper will assess the evolution of the compensation system and the reaction of its recipients in order to highlight the difficulty in making up for loss and trauma with money, a measure of reparation often experienced with mixed feelings among victims of political violence.

 

Madolyn Nichols (Savoie) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

"The Interdiction of the Absent Body: Emigration and Kate O'Brien's Mary Lavelle

This paper explores the tensions between the early twentieth-century Irish female emigrant and Catholic and nationalist anti-emigration rhetoric. Viewed through the lens of Kate O'Brien's Mary Lavelle (1936), this paper illustrates the ways in which literature mirrored the socio-historical phenomenon of large-scale gendered emigration in the early twentieth century and points up the ways in which emigration challenged traditional roles and expectations for Irish women, revealing a general discontent with straitened social mores. Further, it places O'Brien's work at the heart of a conflict dialogue between women wishing to leave Ireland for personal gain and a nationalist hegemony which resisted social change and insisted on women's utilitarian self-abnegation.
An examination of historical evidence and ecclesiastical propaganda alongside O'Brien's work reveals competing discourses that open sites of contradiction and ambivalence in women's relationship with Ireland and ultimately questions the primacy of belonging as a necessary constituent to identity formation in the emigrant female.

 

Sophie Ollivier (Bordeaux 3) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

« Alexis de Tocqueville en Irlande (6 juillet-6 août 1835) »

L’œuvre d’Alexis de Tocqueville suscite un intérêt nouveau. On voit en lui, après la chute du communisme et le déclin de la pensée marxiste, « un des pionniers de la sociologie les plus actuels ». « Tocqueville nous parle encore » écrit François Furet dans son livre Penser la révolution française. Que nous apportent les notes de Tocqueville sur l’Irlande, ouvrage quelque peu méconnu ?
Il conviendra de situer ce petit livre dans l’œuvre de Tocqueville. Après son premier séjour en Angleterre (3 août-7 septembre 1833) Tocqueville revient convaincu qu’il n’y aura pas de révolution dans ce pays car les classes inférieures accèdent aux classes privilégiées. Lors de son second voyage en Angleterre il découvre le Nord et l’Ouest et prend conscience d’un problème qui le hantera en Irlande, celui de la pauvreté et de l’inégalité des conditions. En 1834, il publie la première partie de son mémoire sur le paupérisme et en 1835 la première partie de La Démocratie en Amérique.
Le système d’enquêtes est fondée sur l’écoute de conversations entre personnes de religion et d’origines et de classes différentes, sur des conversations qu’il a eues avec des pasteurs protestants, des prêtres catholiques, des avocats, un Orangeman, sur des visites qu’il a effectuées à Trinity College ou dans des maisons de paysans irlandais… L’originalité du livre réside dans la création d’une véritable polyphonie de voix. Tocqueville donne la parole à des personnes d’opinions et d’origines sociales différentes. Lui-même, qui ne veut pas imposer sa vision des choses mais offre au lecteur des faits, une matière à interpréter, joue son rôle dans cette polyphonie. Les notes suivent un ordre chronologique selon la trajectoire qui le mène de Dublin à Kingstown, Kilkenny, Cork, Galway, Newport Pratt, Castlebar. Tocqueville brosse ainsi un tableau de l’Irlande de l’époque dans lequel sont abordés divers problèmes concernant l’éducation, la justice, l’aide aux pauvres, la violence agraire, le rôle d’O’Connell, etc.
Tocqueville estime que l’Union a permis une certaine démocratisation du pays. C’est grâce à elle que fut développée l’éducation et qu’O’Connell a pu jouer un rôle important au Parlement. Mais s’il approuve le Catholic Emancipation Act il pense que les Irlandais ne sont pas prêts pour la séparation avec l’Angleterre et suggère même que le seul moyen de sauver l’Irlande est une « dictature temporaire », comme celle de Bonaparte. Observateur avisé et lucide, il est persuadé que l’Irlande va vers une révolution. Mais pour lui la violence est un obstacle à la démocratisation dans laquelle il voit l’avenir des sociétés humaines et elle doit être évitée. Très proche des Irlandais catholiques, très sensible à l’injustice de leurs conditions, il proclame la nécessité de leur liberté (l’idée mère du livre, la liberté, est mise en évidence dans la première conversation, au début du livre). Mais il craint une explosion révolutionnaire tout en l’estimant inévitable.
La conclusion ébauchera une comparaison entre la vision de Tocqueville et celle de Marx.

 

Cliona Rattigan (Trinity College Dublin) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

“`I thought from her appearance that she was in the family way': Unmarried Pregnant Women and the Public Gaze in Ireland, 1900-1950”

Hundreds of infanticide cases involving unmarried women were tried in Ireland between 1900 and 1950. In fact, between 1927 and 1950 more than nine hundred infanticide cases were known to the police (gardaí) in the Twenty-Six County state. Infanticide had become so common that one Co. Cork judge referred to it as `a national industry' in a 1929 trial. Many suspected cases of infanticide were investigated by the police because of `information' they received from members of the public. A considerable number of investigations began even before a body was discovered.
This paper, which is based on close readings of over 300 case records, will examine the ways in which infanticide cases involving unmarried women came to police attention in Ireland during the first half of the twentieth century. It examines how the sexual behaviour of single women, particularly those living in tight-knit rural communities, was closely monitored and how scrutiny of their physical appearance was used to judge their moral conduct. As such, this phenomenon illustrates the larger issue of how women's bodies were controlled through unofficial discourse in Ireland.

 

Chiara Rustici (Toulouse 2) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

“Seen from within: Brendan Behan in and out of prison perceiving the outside world”

This paper will investigate how perception is represented in Behan’s prison literature and how it symbolizes the evolution of Behan’s beliefs from a “blind” nationalistic perspective to a more personal critical discourse on the limitations of the nationalistic point of view. Through the analysis of Borstal Boy I intend to show in what way the outside world is perceived by the convict. For the first time in prison, at the age of 16, Behan experiences the loss of vision and consequently the loss of the outside world. Moreover the prison cell is a place where the convict is forbidden to see but where he is constantly under observation. Seen without seeing, the prisoner loses his dignity and isolation in the cell doesn’t mean intimacy but paradoxically the lack of it.
The lack of sight forces the convict to develop other senses, and mostly hearing, to discern the world outside. The alteration of the senses also reflects the transformation in Behan’s understanding of the English and thanks to his personal experience in jail he discovers another way to look at the “other”. In Walton the loss of vision is appalling and painful and it corresponds to the way he perceives Englishness according to the stories he has been told since he was a child. Once in Borstal, the Irish rebel progressively passes from the “loneliness without peace” of the prison cell to the company of other English boys in the dormitories of Borstal. Thus he starts perceiving the “other” in a different way and he can build his own view based on personal experience rather than on somebody else’s story.

 

Florence Schneider (Paris Ouest) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

« Corps et code dans la poésie d'Eavan Boland »

La poésie d'Eavan Boland, dès les premiers recueils, pose le rapport complexe entre voix individuelle, féminine voire féministe parfois, et codes culturels et littéraires entre autres. Dans Code, livre publié en 2001, cette question est centrale, dans des poèmes qui affichent cet écart dès le titre, (comme c'est le cas avec 'Against Love Poetry') et qui s'attachent à proposer une autre vision de l'amour et du genre poétique lié à ce dernier. Dès lors, nous verrons comment l'articulation entre voix et corps, entre singularité et code, se fait à la fois nouvelle et ironique parfois, s'attachant à déjouer des stéréotypes complexes et variés.

 

Nathalie Sebbane (Paris 3) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

« Analyse du rapport publié en novembre 2010 par l'IHRC intitulé : Assessment of the Human Rights Issues Arising in relation to the “Magdalen Laundries” »

Cette communication propose d'analyser les conditions dans lesquelles ce rapport a été préparé et le contenu de ces conclusions.
Depuis les années 1990, de nombreuses associations luttent pour que justice soit rendue aux jeunes filles et femmes qui ont séjourné dans les Magdalen Laundries. Pour autant, l'État refuse refuse d'assumer quelque responsabilité que ce soit et a même exclu toute forme de réparation pour les ex pensionnaires de Magdalen Asylums.
C'est à ce titre que l'IHRC s'est penché sur la question et a publié ses conclusions.
Dans un premier temps, nous reviendrons brièvement sur l'origine de ces institutions et leur développement en Irlande au dix-neuvième et vingtième siècles.
Nous évoquerons ensuite les scandales qui, au début des années 90, ont révélé l'existence de ces institutions et les conditions de vie des résidentes.
Dans une seconde partie, nous analyserons en détail les conclusions du rapport de l'IHRC.
Enfin, nous nous interrogerons sur les suites et la portée de ce bilan aussi bien dans le cadre de la défense des droits de l'homme que dans le cadre des rapports entre l'Église et l'État.

 

Mathew Staunton (Paris 3) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

“Undeliverable French Letters: A Short History of the Condom in Ireland”

The surreal and often disturbing history of condoms in Ireland is one of the many proofs (including clerical child abuse, draconian censorship, the treatment of homosexuals, abortion law, education, the constitutional status of women, etc.) that Home Rule did, as was predicted by Unionists, turn out to be « Rome Rule ». The revolutionaries who established Saorstát Éireann were far more Catholic than their country would ever be (see Tom Garvin) and the state apparatus they put in place was more of a theocracy than the democratic republic they claimed it to be. With Canon law often superceding the law of the land, mechanical contraceptive devices remained thin on the ground for most of the 20th century. In this paper Mathew Staunton will explore the reasons for this anachronistic situation with a particular focus on the roles of doctors, pharmacists, journalists and the police.

 

Cécile Vivier (Avignon) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

“From domestic peace to public peace: the role of women in The Absentee and Ennui by Maria Edgeworth”

Lord Colambre in The Absentee and the Earl of Glenthorn in Ennui are important characters for what they stand for. They embody the Anglo-Irish Ascendancy whose power has been slowly receding since the 1801 Act of Union. Through them, Maria Edgeworth tries to give a new leadership to Ireland by regenerating its elite in her books. In order to do that, both Lord Colambre and the Earl of Glenthorne undergo a transformation on many levels so that they can become the responsible landlords they are supposed to be, learned in the management of and living on their Irish estates. To achieve this, Lord Colambre and the Earl of Glenthorne have to become sensible men as well, guided by reason. Thus, Maria Edgeworth creates a strong link between the private domestic sphere on one side and the public sphere on the other side. To help the heroes achieve this transformation, Maria Edgeworth sketches characters that will guide them all throughout the novels.
Among these characters, the most important are the female ones that can be divided in two parts: the heroines on one side – Grace Nugent in The Absentee and Cecilia Delamere in Ennui – and the other women. The importance of the heroines lies in the fact that they stand as the ultimate rewards Lord Colambre and the Earl of Glenthorne can only get once they have achieved their transformation.
Therefore, what place do all the female characters play in helping both heroes to become the models Maria Edgeworth wishes them to be? How does Maria Edgeworth use them in order to link the domestic sphere to the public sphere? And finally, what is Maria Edgeworth's message concerning the role these female characters are supposed to play in both spheres?

 

Mélanie White (Paris 3) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

« Ecrire le contemporain : temporalité du possible aristotélicien et présent spéculaire chez MacNeice et Mahon »

Dans une démarche visant à évaluer l’héritage de MacNeice chez Mahon, cette communication s’intéresse à l’usage récurrent, dans l’œuvre de ces deux poètes, de l’opérateur as if, comme un mode de fonctionnement alternatif qui permettrait de rompre l’enchaînement logique inéluctable de l’histoire et ainsi d’encourager l’émergence des possibles au sens aristotélicien du terme. Au sein d’une écriture du contemporain, les différentes valeurs de cet opérateur, entre concomitance avec le passé, actualisation du présent, et action déréalisante, rendent parfois toute tentative de représentation hypothétique. Chez Mahon et MacNeice, les possibles introduits par as if inaugurent une réflexion sur la signification et la valeur de l’événement et sa représentation visible, tout en proposant une interprétation de substitution à la réalité du présent. Dans le passage de la comparaison à l’alternative, le poème devient un espace où le présent se construit à l’aide des images du passé, notamment les représentations habituelles de la Seconde Guerre mondiale ou des épisodes historiques devenus des archétypes de la barbarie. L’usage récurrent de as if, conjugué à une volonté de faire voir ces périodes historiques, fait écho aux deux manières de voir et de faire voir l’histoire (sunopsis et enargeia) de l’historiographie antique. Sur le mode du comme sias if permet la juxtaposition conditionnelle, à la fois parallèle et en rupture avec le réel qui s’actualise sous les yeux du poète. Ainsi, MacNeice et Mahon délimitent un présent spéculaire composé de visions alternatives, où ce n’est pas la vision de l’historien, comme dans la tradition antique, qui rend le réel visible, mais le texte poétique, qui le transforme en présence.

 

  

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