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51ème Congrès
de la Société des Anglicistes de l'Enseignement Supérieur
Paris, 20 - 22 mai 2011

Atelier 8 - Ecosse et Pays de Galles - Résumés
Mardi, 30 Novembre 2010 13:04

 

Marion Amblard (Grenoble 2) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

« John Smibert, un peintre écossais dans les colonies britanniques d’Amérique du Nord »

En septembre 1728, le portraitiste écossais John Smibert s’embarqua à bord d’un navire à destination de l’Amérique du Nord. Avec John James, Richard Dalton et Thomas Moffat, Smibert avait accepté d’accompagner le révérend George Berkeley afin de participer à son projet de fonder un séminaire dans la colonie britannique des Bermudes. Cette institution devait avoir pour but de former des missionnaires chargés de propager la religion anglicane au sein de la population autochtone. Déjà en 1724, Berkeley avait clairement exposé son projet dans un pamphlet. Néanmoins, ce ne fut qu’en 1728 que Berkeley quitta la Grande-Bretagne pour les colonies britanniques, après avoir obtenu du Parlement une promesse d’un financement de 20 000 livres sterling et trouvé des enseignants pour son futur établissement. Smibert avait été choisi pour enseigner les beaux-arts.

Le Parlement ne versa pas l’argent promis à Berkeley et, en 1731, ce dernier décida de retourner en Grande-Bretagne. Pour sa part, Smibert s’établit définitivement à Boston où il exerça en tant que portraitiste. De ce projet avorté il reste plusieurs tableaux peints par Smibert, dont le célèbre portrait connu sous le nom de Bermuda Group, représentant Berkeley en compagnie de sa famille et des hommes ayant accepté de le suivre dans les colonies britanniques.

Cette communication se propose de revenir sur le projet de Berkeley ; nous nous intéresserons plus précisément au rôle de Smibert au sein de cette entreprise et à l’influence qu’il exerça sur l’art pictural dans les colonies britanniques d’Amérique du Nord au dix-huitième siècle. Aujourd’hui encore les historiens de l’art estiment que Smibert a contribué au développement de la peinture américaine. L’étude de quelques tableaux nous permettra de constater que, par l’intermédiaire de Smibert, la peinture écossaise marqua profondément plusieurs peintres américains de la seconde moitié du dix-huitième siècle.

 

Emilie Berthillot (Saint-Etienne) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

« Le rôle des femmes écossaises dans le soulèvement irlandais au début du 20ème siècle »

Le but de cette communication sera de mettre en lumière les liens qui rapprochent l’Ecosse et l’Irlande mais aussi leurs divergences, différences et individualités.

Cette étude s’appuiera tout d’abord sur les sociétés féminines en Ecosse notamment les branches glaswégiennes de sociétés comme Cumann na nBan, Women for Irish Citizen Army, IRA et Sinn Féin. Nous verrons dans quelle mesure le combat de ces femmes militantes a servi d’exemple et a réveillé les mouvements républicain et nationaliste des deux pays.

Deux exemples de combats seront analysés plus en détails : tout d’abord, celui de Constance Markievicz, fondatrice du Cumann na nBan et première ministre travailliste de la République d’Irlande de 1919 à 1922, puis, celui de Wendy Wood, qui rejoint la lutte armée féminine irlandaise après son arrestation à Stirling pour avoir échangé le Union Jack par le Scottish Lion Rampant au château de Stirling en 1932, et qui fonde, au milieu des années 1930, la société Comunn Airson Saorsa na h.Alba responsable de la signature du traité de paix entre l’IRA et l’Ecosse.

Le combat commun de ses patriotes écossaises et irlandaises nous amènera à étudier le rapprochement des deux nations. Les années 1920 voient, en effet, de nombreuses idées comme le Gaelic Commonwealth (1928) et le Celtic Communism (1934) germer autour de l’identité celtique et contre la domination britannique.

Toutefois, l’étude tentera de démontrer que, derrière cet idéal, les besoins de ces nations se distinguent. Elle insistera donc sur les différences sociales et politiques des deux pays et sur leur désaccord entre ‘Home Rule’ et ‘Independence’. En effet, l’Ecosse se détache de l’île d’Erin après la Guerre Civile irlandaise, et va même laisser se développer un certain ressentiment contre cette dernière, notamment à cause des problèmes liés à l’importante émigration irlandaise à Glasgow.

En conclusion, nous pourrons souligner que le pouvoir et le charme des militantes sera de plus en plus utilisé au 20ème siècle, et qu’il atteindra son paroxysme pendant la Deuxième Guerre mondiale, où de nombreuses espionnes passeront maîtresses dans le jeu de la collecte ou de la dissimulation d’informations. Elles seront des éléments clés pour le MI5 ou le KGB dans la guerre entre services secrets.

 

Penelope Collet (La Trope, Australie) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

“‘It’s the Fabric of the Place’ – Women artists in Wales”

There is still a long way to go to establish a tradition for women artists in Wales. This paper reports on life history research that I have just completed. While some would argue that for all Welsh artists, women and men, this is a problem, obstacles to women’s careers in art continue to be a concern for the artists in my study. Tensions arise: within the home, in their art training, in attempting to exhibit and gain critical recognition, in their identification as Welsh, in their choice to work in Wales rather than in the leading art centres such as London, and in their choice of art media, genre and content. 

Through life history methodology the study was able to focus on the subjective lives of four Welsh women artists, to recognise their diversity, and to collaborate with them in the research process to provide new insights about their lives. A biographical approach was used to write the narrative about the fifth artist who is no longer living.

In this paper I draw conclusions about the women’s lives thematised around current issues of concern to artists and writers on the arts in Wales. These include Welsh identity, the growing awareness of postcolonialism, pastoralism and the art/craft divide. Central to the paper are the women’s individual experiences of living and working in Wales and the influence this has on their creative work.

 

Clarisse Godard Desmarest (Paris 4) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

“Financing the cost of an 18th century Scottish estate”

In the 18th century, Scotland transformed itself from a feudal society to a monetary economy. A society developed which centred on a powerful and wealthy elite who exploited the resources of its lands to support a lifestyle of luxury. While for hundreds of years estates had remained self-sufficient, based on the exchange of services, providing feudal duties to landowners, they became viewed as resources which could be exploited for economic gain to support this new lifestyle. The building up of new houses and of designed landscapes increased the demand for revenues. The costs of construction and of living pushed landowners to make use of all the resources available to them. Landscapes were thus shaped by these rising demands.

This study will assess the cost of a typical Scottish country house and of the aristocratic lifestyle that accompanied it in this period and compare it with the income that could be gained from the estate that surrounded it. This analysis will consider the degree to which the mindset of the aristocracy changed over time towards agressive exploitation of the resources on the estates. In some instances modernisations were fostered by this need for cash to support the household but in some others they put a drastic strain on the estates and so seriously endangered them. Though it is often assumed that the improved landscapes provided surplus which could be used to finance the development of a great house and of its associated pleasure landscape, a particular case study hints at the possible limits of this theory. The sources of income did not necessarily derive from the estates. Political posts and indebtedness could provide additional funding which could be equally essential for short-term or long-term investments.

 

Sabrina Juillet (Versailles St-Quentin) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

« Une Eglise écossaise en Angleterre ? La Kirk à Westminster, 1643-1646 »

Suite à la signature du Covenant National et au rétablissement du presbytérianisme comme confession nationale, l'Eglise d'Ecosse a entrepris de consolider son institution en tentant d'imposer un système « écossais » en Angleterre. Cette communication propose une analyse de l'entreprise écossaise au sein de l'Assemblée de théologiens de Westminster. Elle démontrera que contrairement à ce qu'elle avait affirmé et s'était engagée à faire, la Kirk a tenté d'imposer le système presbytérien écossais comme exemple pour la nouvelle Eglise d'Angleterre durant la guerre civile et a provoqué une réaction patriotique anti-écossaise générale au Parlement anglais.

 

Rita Ranson (Le Havre) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

« L’image des locuteurs écossais vus par les orthoépistes des Lumières »

La seconde moitié du siècle des Lumières a été marquée par la publication en cascade de dictionnaires de prononciation. Ces ouvrages, rédigés par ceux que l’on nommait « orthoépistes » en raison de leur intérêt pour la prononciation de l’anglais par leurs contemporains, ont tout naturellement été confrontés aux variations régionales et dialectales. C’est ainsi que la prononciation des locuteurs écossais a été examinée et analysée avec le plus vif intérêt.

Afin d’examiner la perception que l’on a de ces locuteurs, il faut tout d’abord rappeler que les orthoépistes revendiquent, pour certains, leur filiation à Samuel Johnson. Ceci est d’autant plus important que Boswell, dans sa biographie de Johnson parlait à propos de Mr. Wedderburne de « the coarse part of his Scotch accent. » Quant à Samuel Johnson, il était convaincu que peu d’Écossais pouvaient prétendre « to a perfect English pronunciation. »

Cette question de l’accent écossais et de la compétence des Écossais en matière de prononciation anglaise, est d’autant plus intéressante qu’il y avait des Écossais parmi ces orthoépistes ; d’ailleurs William Kenrick souligne l’importante contribution des Écossais à la codification de la prononciation de l’anglais. C’était le cas du très connu William Perry, auteur d’un dictionnaire de prononciation anglaise, mais aussi de William Angus ou encore de Alexander Geddes.

Le problème qui va se poser est double. D’abord, celui de la légitimité des Écossais à discuter de la prononciation de l’anglais : Johnson n’avait-il déjà pas remis en cause celle des Irlandais et de Thomas Sheridan, orthoépiste très prisé à cette époque ? L’autre facette du problème est liée à l’esthétisme : toute prononciation non « standard » était considérée comme « a mark of disgrace ».

Nous verrons que la fin du siècle va, sous la plume de John Walker, faire de vives recommandations aux natifs d’Ecosse, afin qu’ils se conforment aux desiderata d’une société britannique soucieuse d’une certaine uniformité en matière de prononciation.

 

Ophélie Simeon (Lyon 2) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

« New Lanark ou les origines écossaises du village industriel modèle »

C'est à Robert Owen, qui en fut le directeur de 1800 à 1825, que le village industriel modèle de New Lanark doit sa célébrité. Située sur les bords de la Clyde, au sud-est de Glasgow, la filature de coton de New Lanark a été le lieu d'une gestion industrielle éclairée, et a en outre servi de terrain d'expérimentation privilégié aux théories proto-socialistes d'Owen. Ces dernières ont inspiré non seulement des usines même genre, mais aussi une partie du mouvement socialiste britannique, notamment dans sa composante coopératiste. On sait cependant peu que les éléments qui ont fait le succès de New Lanark, en particulier ses écoles, doivent leur création non pas à Owen, mais au fondateur de New Lanark, David Dale, marchand et banquier originaire de Glasgow.

Ce travail a pour but, via l'exemple canonique de New Lanark, de revenir sur les origines institutionnelles du village industriel modèle. Plus précisément, il s'agira de montrer qu'un grand nombre de traits distinctifs de ce système industriel alternatif est indissociable du contexte régional écossais qui a vu naître New Lanark dans les années 1785. Nous montrerons d'abord que les écoles et l'organisation interne du village industriel reprennent les structures traditionnelles des communautés rurales écossaises, et notamment le système de gouvernement collégial de l'assemblée des elders. Plus généralement, nous analyserons dans quelle mesure le climat d' « économie morale » propre à la société écossaise des Lumières finissantes a pu constituer un terrain favorable à l'apparition du village industriel « modèle », système se voulant d'inspiration philanthropique et conçu a priori comme une alternative humaniste aux bouleversements socio-économiques induits par les nouvelles conditions de vie et de travail apparues avec la Révolution Industrielle.

 

Fiona Simpkins (Lyon 2) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

“Devolution and tuition fees in the United Kingdom: a higher education ‘apartheid’?”

Tuition fees became a contentious issue soon after the Scottish Parliament opened and the first Scottish executive elected. In fact, it was to be the Scottish Liberal Democrats’ main requirement during the preliminary talks to a coalition agreement with Labour in 1999 and a very popular policy in Scotland. But the timing was rather awkward for Labour as the Cubie committee’s report stood in complete contradiction with Tony Blair’s contemporary policy for the introduction of top-up fees in England. Both partners were to find a compromise and it was decided students would have to pay a fixed sum once they had graduated from university. This already represented a major policy divergence with England and stressed the tensions that inevitably arise in a devolved Constitution.

The gap would further widen after the election of the SNP at the head of the Scottish Government in May 2007 as the nationalists soon abolished the Graduate Endowment Scheme introduced by the first Scottish Coalition government. Furthermore, in spite of its limited powers, the Welsh Assembly soon followed a similar example by exempting Welsh residents from top-up fees in Welsh universities and introducing Learning Grants for Welsh residents with lower incomes. In light of the increase of tuition fees to £9000 per annum voted by the Con-Lib coalition government on 9th December 2010, the Welsh government has decided to shield Welsh students from fee rises, further entrenching a three-way system in the United Kingdom and giving rise to concerns in British tabloids of a higher education "apartheid".

In reality, the rising cost of tuition fees in England involves a reduction of the teaching grant, which will inevitably impact the block grant to Scotland and Wales. This should be a matter of much concern to the Scottish and Welsh devolved administrations as well as the UK government in Westminster: English higher education policies drive those of Scotland and Wales and therefore undermine the whole point of devolution in the United Kingdom due to the financial system underpinning the new constitutional arrangements. Indeed, the market-oriented policies developed in England stand in contradiction with the more social democratic approach to public delivery of higher education in Scotland and Wales which this paper seeks to examine. The current debate on higher education therefore stresses the new devolved administrations' inability to develop their own approach for lack of resources from general taxation. Financial autonomy is thus paramount to political autonomy and the current financial arrangements defeat the purpose of devolution. This should be taken very seriously by the current British government as the lack of delivery of devolution may in turn increase tensions in inter-governmental relations and fuel the Scottish and Welsh nationalist movements.

 

Jacques Tranier (Caen) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

« Jacques VI, dernier éclat culturel autochtone de la cour d'Ecosse avant l'unification des couronnes »

Comme sur le continent, c'est la cour royale qui donnait le ton en matière culturelle. Le départ de Jacques VI pour Londres en 1603 marqua un coup d'arrêt de la haute culture écossaise, privée de son inspiration.

Bref rappel de ceux des prédécesseurs de Jacques VI qui furent eux-mêmes musiciens et poètes (ex: Jacques IV). Jacques V épousa deux princesses de France, Madeleine, fille de François I, puis Marie de Lorraine, appartenant à la branche Guise de la Maison de Lorraine, et qui fut régente d'Ecosse jusqu'à l'avènement de Mary Queen of Scots. Dans la suite royale ramenant en Ecosse Madeleine de France en 1537, figurait un certain Ronsard, qui passa trois années dans les îles britanniques et revint en Ecosse en tant que diplomate. La mère de Jacques VI, Mary Queen of Scots, passa 11 ans à la cour de France avant d'épouser François II pour être reine de France l'espace d'une année, son époux devenant prince consort d'Ecosse. Ces mariages scellant des alliances stratégiques eurent des conséquences culturelles importantes, notamment quant à l'influence française sur la cour d'Ecosse, dans les domaines de la musique et de la poésie. Grâce à la bibliothèque de sa mère, Jacques VI apprit à connaître la poésie française (dont celle de Ronsard, "prince des poètes" qui influença la production littéraire écossaise) et créa "the Castalian Band", groupe de musiciens et poètes, se livrant à des joutes poétiques ( auquel participait le roi lui-même) et composant des airs de cour. Ceci contraste quelque peu avec certains jugements qualifiant Jacques I de "unkempt, uncouth" (The Oxford Illustrated History of Britain, 1984).

Beaucoup des productions culturelles écossaises ont été perdues. L'imprimerie mit du temps à s'installer de manière durable en cette contrée à partir de 1507, et les troubles politiques ne furent pas toujours de nature à favoriser la stabilité nécessaire à un essor constant de la haute culture. Pourtant ce qui nous est parvenu du règne de Jacques VI, ainsi que les témoignages contemporains, montre à l'évidence que l'éloignement géographique par rapport au continent, dont la séparait un voisin parfois hostile, n'empêcha pas l'Ecosse d'apporter sa contribution à la haute culture d'alors, fondée sur d'incessants échanges européens.

 

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