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51ème Congrès
de la Société des Anglicistes de l'Enseignement Supérieur
Paris, 20 - 22 mai 2011

Atelier 2 - XVIème-XVIIème - Résumés
Mardi, 30 Novembre 2010 13:04


Claire Bardelmann (Metz) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

« Filiations populaires de A Midsummer Night's Dream : deux exemples dans la comédie musicale américaine » 

A Midsummer Night's Dream est une des oeuvres de Shakespeare qui ont le plus attiré l'attention pour l'adaptation musicale, particulièrement en matière de musique vocale. Parmi les 58 adaptations à caractère opératiques recensées entre les 18è et 20è siècles, certaines célèbres comme A Midsummer Night's Dream de Benjamin Britten ou The Fairy Queen d'Henry Purcell, 15 sont des comédies musicales. Ces versions populaires du Songe méritent également un examen attentif en raison de la manière dont elles illustrent les mécanismes de translation culturelle propres à la récupération de Shakespeare par la culture de masse. On montrera pourquoi, de ce point de vue, les plus représentatives de ces versions populaires sont les comédies musicales américaines composées entre 1939 et 1980, parmi lesquelles se détachent Swingin' the Dream de James Van Heusen (1939) et Babes in the Wood de Rick Besoyan (1964). Il s'agira ensuite d'étudier comment, chacune à sa manière, ces oeuvres illustrent le basculement d'oeuvres référencées comme appartenant à la "haute culture" vers un média populaire, comment aussi elles obéissent à une logique diachronique et à un processus de réappropriation spécifique, qui découle de l'hybridation générique et culturelle dont relève le genre de la comédie musicale.

 

Anne-Marie Costantini-Cornède (Paris 5) Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

« De Fred McLeod Wilcox à Julie Taymor : Forbidden Planet (1956) et The Tempest (2010), de la tragi-comédie à la science-fiction : affiliations génériques »

Depuis la version baroque et échevelée de Derek Jarman (1979) et les magies conceptuelles et maniéristes de Peter Greenaway (1991), véritable cabinet de curiosités cinématographique, la pièce du répertoire qui traite de la magie de l’art et peut être celle qui traite le plus du spectaculaire et de ses représentations possibles ne pouvait que trouver un écho jubilatoire au cinéma. La toute dernière version de Julie Taymor (sortie le décembre 2010) propose également une version d’une amplitude spectaculaire et plus novatrice encore que la mise en scène théâtrale proposée en 1986. Moins connue mais déjà très novatrice est la version de Fred McLeod Wilcox (1956) qui emprunte au genre de la science-fiction pour montrer les pérégrinations et expérimentations scientifiques d’une sorte de savant fou, le Professeur Morbius (Walter Pidgeon) exilé sur une planète inconnue. Alors que le film de Taymor propose la thèse d’un mage féminin, non pas Prospero mais Prospera, interprétée par Hélène Mirren (Djimon Hounsou est Caliban et Alan Cumming, déjà présent dans Titus, est Sebastian), il reprend en l’amplifiant la veine poétique de la science-fiction.

Il sera donc ici essentiellement question d’affiliations génériques et de poétiques post-modernes, d’images digitalisées, d’effets spéciaux ou ‘effets-genres’ d’un cinéma du 21è siècle, ou encore des métamorphoses d’une tragi-comédie en un produit éclectique alliant science fiction et post-modernité, mêlant innovation narrative et thématique et maestria technique. L’exercice de style est celui d’une réalisatrice elle-même spécialiste du ‘genre-crossing’ (cinéma, théâtre, musical et opéra) et de magies démultipliées.

 

Athina Efstathiou-Lavabre (Paris Ouest) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

« "The Tribe of Ben": affiliation(s) et filiation(s), le cas de Richard Brome (1590?-1652) »

Depuis la parution de l'ouvrage de Joe Lee Davis en 1961, The Sons of Ben: Jonsonian Comedy in Caroline England, de nombreux dramaturges anglais écrivant dans les années 1630, sous le règne de Charles Ier (1600-1649), se sont vus qualifier d’héritiers ou de fils du poète lauréat.

Si l'influence de Ben Jonson (1572?-1637) sur ses contemporains et successeurs est en effet incontestable, cette « tribu » de onze dramaturges n’est guère homogène. Elle comprend des auteurs ayant écrit pour la cour, pour les théâtres londoniens ou pour les deux. Tous ne connaissent par ailleurs pas aujourd’hui la même notoriété. Alors que certains semblent réellement tombés dans l'oubli – en 2011, il demeure encore très mal aisé de trouver la moindre critique consacrée à Thomas Randolph (1605-1635) – d'autres bénéficient d’un modeste mais indéniable regain d’intérêt. Depuis mars 2010, les œuvres complètes de Richard Brome sont publiées en ligne (http://www.hrionline.ac.uk/brome/). En France, il entre dans la bibliothèque de la Pléiade avec la première traduction française de The Antipodes (1636), signée par Michel Bitot, publiée dans le second volume de Théâtre élisabéthain en 2009.

Cette communication s'étendra principalement sur le cas de Brome, qui est considéré par Davis comme « The oldest and most prolific of the Caroline Sons of Ben ». La filiation de Brome, qui a été soulignée par ses contemporains dans plusieurs dédicaces, s’exprime, entre autres, par l'intertextualité, la thématique des pièces et le contenu des prologues. Mais si le dicton populaire dit tel père tel fils, le fils n’est pourtant pas ici le clone du père. Brome ne contrefait pas Jonson. Comme un enfant qui entend voler de ses propres ailes, il s’affranchit de l¹ascendance jonsonienne, ce qui ne se fit pas sans heurt. Comme en écho au conflit qui opposa Jonson et Brome au début de la carrière du second, le corpus bromien regorge d'exemples mettant en scène les relations conflictuelles entre des pères et leur progéniture, au point que cette thématique semble quasi-obsessionnelle. Enfin, pour filer la métaphore, nous verrons comment le "fils" devient à son tour "père", en influençant les dramaturges de la Restauration.

 

Gaelle Ginestet (Montpellier 1) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

« Le tonneau des Danaïdes et le tamis de Tuccia : la virginité en question à la Renaissance anglaise »

Cette communication aura pour but d’établir la filiation littéraire menant à la fusion du tonneau des Danaïdes et du tamis de la Vestale Tuccia dans All’s Well That Ends Well et plus largement, de voir si cette fusion existe ailleurs dans la littérature de la Renaissance anglaise.

En français, l’expression « tonneau des Danaïdes » est proverbiale. Mais dans la littérature de la Renaissance anglaise, le tonneau était parfois remplacé par un tamis, symbole de virginité, comme en témoignent les deux portraits d’Elisabeth Ire tenant cet objet.

Dans All’s Well That Ends Well, Hélène évoque un tamis: (“captious and intenable sieve”, 1.3.198) qui illustre la lutte inutile contre l’amour. Une tâche vaine associée à un récipient percé convoque habituellement le mythe des Danaïdes. Mais Susan Snyder affirme dans “Naming Names in All’s Well That Ends Well” (Shakespeare Quarterly 43.3) que cette référence au tamis avait toutes les chances d’être comprise par le public comme une allusion à Tuccia, cette Vestale qui avait dû prouver sa virginité en portant l’eau du Tibre dans un tamis sans en verser une goutte. Valère Maxime avait été le premier à raconter l’histoire de Tuccia; Pline, Pétrarque et Lyly, entre autres, ayant pris sa suite.

Les Danaïdes en deviennent-elles pour autant symboles de virginité ? Y a-t-il d’autres exemples dans la littérature de la Renaissance anglaise où les Danaïdes et Tuccia sont ainsi confondues ? De quelles œuvres littéraires ce rapprochement est-il né ? La Reine Elisabeth est-elle souvent mise en rapport avec les Danaïdes et la Vestale ?

 

Edith Girval (Paris 3) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

« Filiations réinventées, greffes contre-nature : L’inceste dans les Love Letters et ‘The Dumb Virgin’ d’Aphra Behn »

Parmi les ouvrages de fiction d’Aphra Behn (1640-1689), deux romans envisagent la question de la filiation d’une manière tout à fait originale : les Love Letters between a Nobleman and his Sister et « The Dumb Virgin » posent en effet, chacun à leur façon, et de manière complexe, la question de l’inceste entre frère et sœur, déstabilisant ainsi la notion de filiation. Dans les deux cas, les héroïnes finissent par transgresser l’autorité patriarcale pour céder à leurs désirs incestueux. Dans les Love-Letters, Philander, pour convaincre sa belle-sœur (la sœur de sa femme), Sylvia, de céder à ses avances, construit un plaidoyer ambigu, et parfois contradictoire, en faveur de l’inceste. Jouant sur les notions de coutume, de naturel, et de contre-nature, son propos remet en question la filiation « artificielle » qui le lie au père de Sylvia : en opposant la filiation contractuelle qui lui a été donnée par le mariage, à l’amour libéré d’un Âge d’or où la parenté est bien plutôt gage d’attirance naturelle, il réinvente le lien familial et déstabilise l’autorité patriarcale. Face à ce discours apologétique, Sylvia tente de résister (en vain) en caractérisant leur amour comme une « greffe » monstrueuse et littéralement contre-nature. Naturel ou contre-nature ? l’enjeu est similaire dans « The Dumb Virgin » : l’attirance de Maria et Belvideera pour leur frère Dangerfield, qui ne connaît pas son père, est ainsi décrite comme une impulsion à la fois spontanée, irrépressible même, et tragique, puisqu’elle pousse Maria, lorsqu’elle se découvre incestueuse, à se suicider. Entre le désir naturel des deux jeunes gens, et la révélation dramatique de la filiation de Dangerfield, qui empêche de rétablir l’ordre par un mariage, l’inceste questionne ici l’autorité paternelle et les implications sociales de la filiation. La réflexion sur la relation frère-sœur dans ces deux romans s’inscrit dans un débat qui date d’Henri VIII : quels types de liens de parenté doivent être considérés comme inacceptables pour l’amour ? Cette question se double d’une réflexion plus large sur les notions de nature et de culture, et de contre-nature, qui culminera au tournant du XVIIe siècle avec des penseurs comme Pufendorf ou Grotius, et dont les romans de Behn sont un reflet particulièrement intéressant et complexe. Nous nous demanderons ainsi comment, dans ce contexte, la mise en scène de relations incestueuses permet un questionnement de la filiation, et de la patriarcalité, à travers le traitement complexe de l’opposition liens de sang / liens contractuels.

 

Aurélie Griffin (Paris 3) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

« Imitation et dynamique créatrice : Mary Wroth lectrice de Philip Sidney »

Dès le frontispice de son roman, The Countess of Montgomery’s Urania (1621), Mary Wroth met en scène son appartenance au cercle Sidney / Herbert, et tout particulièrement son lien de filiation avec Sir Philip Sidney. Depuis son titre emprunté directement à la première version de l’Arcadie, jusqu’à sa fin tronquée, l’Uranie tout entière est construite comme un hommage au roman de Sidney. Wroth travaille à générer dans l’esprit du lecteur une remémoration constante de l’Arcadie, et pour ce faire, développe des stratégies d’écriture qui, de l’emprunt à la réécriture en passant par la réorganisation du texte originel, créent une tension paradoxale entre imitation et recherche de l’originalité. Cette tension, propre à l’imitatio qui régit la création littéraire à la Renaissance, se distingue par le caractère obsédant des allusions au modèle, et par la profonde transformation que subissent les épisodes sidneiens dans l’Uranie. Loin de se contenter de multiplier les allusions comme autant de référénces passives, Wroth écrit son roman dans un dialogue permanent avec celui de son oncle. A travers une atmosphère mélancolique et la représentation d’une violence démesurée, l’Uranie offre au lecteur la vision cauchemardesque d’une Arcadie aux illusions perdues, où les femmes sont condamnées à rester les victimes de l’inconstance des hommes. Si le succès de l’Arcadie a entraîné une vogue d’imitations et de suites, à la manière du roman d’Anna Weamys A Continuation of Sir Philip Sidney’s Arcadia (1651), la conscience de Wroth d’appartenir à une lignée littéraire lui permet de mettre en œuvre sa connaissance intime et sa lecture particulièrement lexe de l’oppoArcadie onnelltéraun « bon usage de l’imitation » (Jacques Bexetér), synonyme de liberté créatrice. A travers l’étude comparée de plusieurs extraits des deux romans (notamment les passages liminaires), on verra comment Wroth mêle différents aspects de l’imitation afin de proposer une réécriture maniériste de l’œuvre de Sidney.

 

Violaine Lambert (Paris 7) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

« Du modèle hagiographique à la biographie : Filiations génériques dans The Life of John Donne d’Izaak Walton (1593-1683) »

Izaak Walton, premier auteur anglais que l’on peut qualifier de biographe professionnel, offre de son sujet une version partiale dans The Life of John Donne. Publié en 1640 en guise de préface aux sermons de Donne, le texte n’accorde que peu d’importance au fait que son sujet soit un auteur "littéraire". Le récit suit un schéma de conversion classique, et Donne est présenté comme un saint repentant, sur le modèle de saint Augustin. Ce choix de l’auteur pose la question de l’affiliation du récit à un genre particulier de life-writing. Cette communication portera sur ce que Walton doit au modèle hagiographique alors même qu'il pose les jalons d’un nouveau genre de biographie, genre hybride. Même s'il reste fortement marqué par le caractère d’exemplarité de l’hagiographie, il se fait historien et insiste sur l’"authenticité" de ses sources. Il n’hésite cependant pas à les manipuler, pour mieux manipuler son lecteur. En effet, Walton se pose en témoin de la mémoire de Donne telle que celui-ci aurait souhaité la transmettre. Dans la version de sa vie qu'il nous donne, c’est le poète lui-même qui, par une mise en scène spectaculaire de sa mort, donne sa forme à la biographie. Guidé par la nécessité d’offrir au lecteur une vision conforme à la volonté du défunt, le biographe se présente comme le médiateur d’une « autobiographie posthume » [1].

[1] MARTIN Jessica, Walton’s Lives : Conformist Commemorations and the Rise of Biography, Oxford : OUP, 2001. p 172. 

 

Delphine Lemonnier (Rennes 2) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

« Filiations et affiliations : le personnage shakespearien, entre vraisemblance et théâtralité »

Le critère de filiation est au centre du système monarchique qui sous-tend l’univers dramatique des pièces historiques et des tragédies shakespeariennes. Indissociable de la question du pouvoir et de sa légitimité, la filiation est régie à la fois par le critère de vraisemblance et par l’historicité, sans pour autant interdire au dramaturge un certain nombre d’écarts avec ces normes, par exemple avec l’instauration de figures paternelles de substitution ajoutées par Shakespeare (telles que Falstaff et Hal, ou Menenius Agrippa et Coriolan), constituant une affiliation fictionnelle qui entre en relation dialectique avec la filiation historicisante du personnage et enrichissent sa caractérisation. Une troisième dimension de la filiation est présente chez le personnage shakespearien, et elle est constituée par l’affichage de sa nature théâtrale, de sa fonction au sein de l’économie dramatique, et des antécédents intertextuels et théâtraux dont il découle. Ce sont quelques aspects du fonctionnement de ces trois niveaux de filiation du personnage shakespearien que nous nous proposons d’explorer dans cette analyse.

 

Ruth Morse (Paris 7) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

“François-Victor Hugo and the Limits of Cultural Catalysis”

The radical journalist François-Victor (1828-1873) published his great translation, Œuvres Complètes de Shakespeare, in 15 volumes, between 1859-1865.

It forms one of the most important transmissions of Shakespeare ever made, outside the German sphere of influence. My paper makes three claims, looking first at the pre-Hugo history of French absorption of Shakespeare through more or less ‘improved’ translations; then considering the influence of his work by focussing on Verdi; and third, sketching a larger argument about semantic choices in a particular linguistic moment. I conclude with a reflection on this most important world-wide intermediary for cultural catalysis, on its achievements and on its failure.

 

Laetitia Sansonetti (ENS Lyon) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

« Hero and Leander (1598) : Chapman, héritier autoproclamé de Marlowe »

De nombreux critiques ont choisi de traiter Hero and Leander de Marlowe (1593) séparément de la « suite » écrite par Chapman (1598) ; certaines éditions ne proposent que le texte de Marlowe. Mon objectif n’est pas de déterminer si le poème de Marlowe est un fragment inachevé ou un tout autosuffisant, gâté par l’ajout injustifié de Chapman. Partant du constat que Chapman mène à son terme une histoire bien connue dont Marlowe avait commencé le récit, je traiterai les six « Sestyades » comme une unité, le fruit d’une rédaction à deux auteurs.

La contribution de Chapman sera donc considérée comme le résultat de tactiques visant à raccorder les deux parties, ce qui permettra d’étudier un enjeu essentiel pour le texte de Marlowe : l’établissement d’une communauté littéraire par la réécriture, qui implique la répétition, mais aussi l’ajout et la soustraction. J’argumenterai que Chapman reprend à son compte la stratégie d’autorité élaborée par Marlowe, à savoir la référence à un prédécesseur clairement identifié (Musée pour Marlowe, Marlowe lui-même pour Chapman).

Les efforts de Chapman pour instaurer une dialectique de la continuité et de la révision entre le texte de Marlowe et le sien grâce à des techniques narratives et rhétoriques (répétition de mots, allusion directe à des événements, invocation du « fantôme » de Marlowe) jettent une nouvelle lumière sur la relation entre le narrateur et l’auteur, nœud de la critique aussi bien consacrée à Marlowe qu’à Chapman. Ils révèlent un « Marlowe » érudit et inspiré tout aussi vrai (ou faux) que la figure sulfureuse d’espion athée homosexuel qui fascine les critiques.

J’aborderai donc l’influence comme un processus actif par lequel un narrateur s’identifie en tant qu’auteur en faisant référence à ceux qui l’ont précédé. Je montrerai comment Marlowe se définit comme auteur et narrateur dans un double mouvement qui renvoie à Musée pour mieux frustrer les attentes de son lecteur. Il fournit ainsi un modèle à Chapman, qui conçoit la tâche d’achèvement qu’il s’est fixée comme une traduction, c’est-à-déraune forme d’interprétation, mais aussi dppoimitatio.

 

Rémi Vuillemin (Strasbourg) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

« Pétrarque, Castiglione et Ideas Mirrour (1594) de Michael Drayton : filiations et désaffiliations entre le sonnet élisabéthain et la culture de cour »

Cette communication se propose de mettre au jour les relations coxe de s que le premier recueil de sonnets de Michael Drayton, Ideas Mirrour (1594), entretient avec certains éléments codifiant la culture de cour élisabéthaine, issus de la tradition poétique pétrarquiste ou encore du Livre du Courtisan de Castiglione.

Nous démontrerons tout d’abord la prise en charge par Drayton d’une certaine forme de néoplatonisme présente dans le livre IV du Courtisan. Le topos de l’ascension de l’amant vers la contemplation des essences—ou vers la dame—rejoint dans une certaine mesure les propos de Bembo. Mais dans Ideas Mirrour, l’ascension échoue. La forte présence de la topique du feu, entre autres, semble encourager une lecture alchimique et néoplatonisante du recueil : à travers l’ascension puis la chute successives, l’amant se verrait purgé de ses passions. Et pourtant, tout indique en fin de recueil que ce processus n’a pas eu l’effet escompté. L’amant demeure victime de ses passions et affirme qu’il persistera dans son erreur.

Dans les premiers sonnets était mise en placraune rhétorique de l’éloge fondée sur une alliance entre éléments pétrarquistes et néoplatonisants dont le but était de diviniser la dame. Au fur et à mesure du recueil, le fonctionnement de cette rhétorique est mis à nu et déconstruit, dans le but d’en formuler une critique morale. Cette critique ne serait « que littéraire » si le langage de l’éloge ne faisait pas écho à l’éloge d’Elisabeth Ière et à un certain italianisme de cour qui dépasse largement le cadre du sonnet pétrarquiste. Ideas Mirrour acquiert alors un potentiel subversif qui peut être actualisé ou non à la lecture. L’ouvrage de Drayton illustre ainsi la coxe deité des mécanismes d’affiliation et de désaffiliation entre un poète pétrarquiste et la culture de cour à laquelle il se réfère.


 

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