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51ème Congrès
de la Société des Anglicistes de l'Enseignement Supérieur
Paris, 20 - 22 mai 2011

Atelier 29 - Langue orale (ALOES) - Résumés
Mardi, 30 Novembre 2010 13:04

 

Anissa Dahak (Paris 7) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

« Quelles voyelles en syllabe post-tonique pénultième médiane ? »

Dans cette communication, nous aborderons la question de la réduction (ou de la non-réduction) en syllabe pénultième. Les mots de quatre syllabes au moins accentués sur la syllabe pré-antépénultième sont particuliers en ceci que l’on trouve trois syllabes après l’accent primaire, syllabes traitées comme inaccentuées dans les dictionnaires de prononciation britanniques LPD et EPD (/-1000/). En face de mots tels que accuracy, caricature, ceremony où la voyelle des trois syllabes post-toniques est réduite, on trouve également precedented, epilepsy, fertilizer, prosecutor dans lesquels la voyelle en position pénultième est pleine. La très forte présence (plus d’un mot sur deux) de voyelles pleines dans cette syllabe, en prononciation unique ou en variante, que l’on a pu observer dans notre corpus (LPD) soulève plusieurs questions. Il s’agira donc de s’interroger sur les divers paramètres – morphologiques (dérivation, composition), phonologiques (rythme, environnement consonantique, nature des voyelles : libre vs. entravée) – qui favorisent l’apparition de voyelles pleines dans ce contexte.

Les résultats de l’étude du corpus révèleront notamment le rôle majeur de la morphologie. Trois types de contextes émergeront de notre analyse. 1) Nous montrerons tout d’abord que dans la grande majorité des cas, les mots sont suffixés par un morphème monosyllabique et que le traitement de la syllabe pénultième revient alors à étudier la syllabe finale des radicaux accentués sur la syllabe antépénultième (general > generalize, positive > positivist, intensify > intensifier, compromise > compromising, activate > activator). 2) Nous nous concentrerons ensuite sur les terminaisons dissyllabiques -ary et -ory qui comptent pour un tiers des cas de voyelle pleine et qui sont à l’origine de nombreux cas de variation. 3) Enfin, nous verrons quelques cas assez marginaux de composés quasi-lexématiques dont la syllabe pénultième correspond à la syllabe initiale du second élément (epilepsy, architeture, taxidermy).

 

Jacques Durand (Toulouse 2) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

Sylvain Navarro (Toulouse 2) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

Investigating English sandhi-r in Boston and Lancashire”

[analyse des « r » excrescents et de liaison et dans le cadre du projet PAC et de ses outils d’annotation et d’interrogation de corpus]

Sandhi-r is one of the most prominent topics in the phonology of non-rhotic varieties of English. Split into two subprocesses (linking r vs. intrusive r) in the descriptive and orthoepic work of Daniel Jones (Jones1956, 1962) or that of Gimson (1980, compare Cruttenden 2008), it has been used to illustrate most theoretical frameworks. Thus it has been widely referred to to illustrate classical generative phonology and the difference between deletion vs. insertion approaches (Wells 1982, Durand 1990: 126-228, 1996, Scobbie 1992), the relevance of strata within lexical phonology (Mohanan 1986, Giegerich 1999, McMahon 2000), principles, parameters and Government Phonology (Harris 1995), optimality theory (McCarthy 1993), extended axiomatic linguistics (Heselwood 2009), to name but a few. It has also served as a testing ground for investigations in sociolinguistics and language change (e.g. Foulkes 1996, Hay & Sudbury 2005, Beal 2004, Hannisdal 2006 among many). In this paper we will attempt to define a methodological framework for annotating an orthographically transcribed data-base under Praat and extracting generalisations from it. We will present a coding system modelled on a similar approach used for liaison phenomena within the French PFC project ("Phonologie du français contemporain: usages, variétés et structure, Durand, Laks, Lyche 2003, 2009), and which has led to treatments based on over 30000 contexts of codings (Durand & Lyche 2008). We will look at two surveys done within the PAC Project ("Phonologie de l'anglais: contemporain: usages, variétés, structure", Durand, Carr & Pukli 2004) one in Lancashire (UK) and one in Boston (USA). We will show how the method we follow can help answer questions in a serious quantitative way on at least two fronts: (i) orthographically based performance in reading aloud tasks vs. conversational style, (ii) the status of the putative distinction between linking vs. intrusive 'r'. At the same time, we will make a demonstration of specifically devised extracting tools to show how our approach allows for observations and analyses ranging from individual performance (intraspeaker stability and/or variation) to group and comparative performance (intragroup and intergroup stability and/or variation). Finally, we will argue in favour of a purely phonetic/phonological analysis of English liaison by drawing a comparison with French liaison which is conditioned by extra phonological factors (in spite of a long tradition which focuses solely on the phonological dimensions).

 

Pierre Fournier (Tours) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

« Accentuation des suffixés en –ous en anglais contemporain »

Le suffixe –ous occupe une place centrale dans le système phonologique de l’anglais car il a un impact déterminant sur le placement de l’accent primaire (noté /1/). Notre proposition de communication s’inscrit dans le cadre de la théorie morphophonologique de l’anglais, élaborée par Lionel Guierre à partir des années 70, et dont le principal objectif est de déterminer le placement de l’accent lexical en anglais.

Le suffixe –ous peut fonctionner seul, mais également au sein d’autres séquences graphiques. Ainsi, nous le rencontrons dans le cadre des terminaisons savantes (du type -ferous, -gamous, -vorous), des suffixes dissyllabiques –inous et –ulous, ou encore précédé d’une voyelle <i,e,u>, ce dernier contexte déclenchant une accentuation du mot sur l’antépénultième. Ce suffixe est à la croisée de deux principes fondamentaux dans la détermination de l’accent en anglais, à savoir le concept de neutralité et celui de contrainte. Dans certains cas, sa présence n’a pas d’impact sur le placement de l’accent, alors que dans d’autres cas, et en fonction de son environnement graphique, il contraint le placement de l’accent primaire.

Nous nous proposons d’observer le placement de l’accent primaire des suffixés en -ous à partir d’un corpus composé de plus de 3000 termes. Ce projet de communication ne constitue qu’une étape préliminaire dans le traitement de nos données. Ce corpus est extrait de trois sources dictionnairiques : le Longman Pronunciation Dictionary, le Cambridge English Pronouncing Dictionary et l’Oxford English Dictionary. La comparaison de ces trois sources permettra de mettre en évidence les différences théoriques qui existent au niveau accentuel entre les dictionnaires, et qui se manifestent tout particulièrement au niveau de la variation accentuelle.

L’étude des suffixés en –ous fera émerger d’autres domaines théoriques de la linguistique, à savoir la morphologie ou encore la composition, disciplines indispensables au traitement de l’accentuation.

 

Sophie Herment (Aix-Marseille) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

Gabor Turcsan (Aix-Marseille) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

“Stress of disyllables: Truth will out”

[présentation d’une étude pilote sur les corrélats acoustiques des réalisations de logatomes dissyllabiques lus par des anglophones]

It is generally admitted that bisyllabic words in English are stressed according to their morphological make-up. While prefixed words show differential behaviour according to major grammatical category, non-derived nouns are allegedly trochaic and underived verbs are either iambic or trochaic following rules of quantity-sensitivity. Recent findings (Fournier 2010) based on extensive research over electronic dictionary data shed new light on these issues: prefixed verbs are overwhelmingly (98%) stressed on the root, while the existence of a corresponding nominal form may give rise to a trochaic pattern even when prefixed. Out of 290 items belonging to both categories 35 are trochees, 165 iambs and the remaining 90 items oscillate between iambs for verbs and trochees for nouns.

The paper presents the findings of a pilot experiment testing native speakers’ intuition about the stress of disyllables. Similar experiments have been proposed for Spanish (Barkanyi 2002), a language much alike English in that it also displays stress patterns conditioned by either quantity sensitivity (phonology) or lexical properties (morphology). The experiment has involved reading tasks where we embedded nonwords. These nonsense words display different phonological & morphological structures and allow us to test the validity of hypotheses based on dictionary data. The choice of nonwords is far from being a trivial issue thus a substantial part of the paper is concerned with methodological questions. The list of nonwords contain: i. underived looking words with heavy / light ults combined with ii. new formations with both transparent (e.g. re-) & opaque prefixes (be-, a-).

Apart from comparing our results with dictionary data the paper addresses one of the fundamental questions in linguistic inquiry: What kind of data linguistic analyses / generalisations should be based on? Truth will come out.

 

Céline Horgues (Paris 7) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

« Intonation aux frontières d’unités prosodiques et accent lexical : le cas d’apprenants francophones de l’anglais »

Les paramètres prosodiques assurent en anglais un rôle clé à deux niveaux au moins : i) le marquage de l’intonation de l’énoncé (ex. le signalement des modalités interrogative ou assertive, le reflet plus ou moins direct des structures informationnelle et syntaxique de l’énoncé), ii) mais aussi le marquage des schémas accentuels au niveau du mot (accentuation lexicale) et des groupes de mots (groupes rythmiques). Même si, sur le plan théorique, il convient de dissocier ces deux niveaux, sur le plan de leur réalisation phonétique, les principaux corrélats prosodiques convoqués sont souvent les mêmes : fréquence fondamentale, durée, et intensité. Contrairement aux langues à tons, il n’existe pas de configuration prosodique prédéfinie pour chaque terme en anglais. Toutefois, les mots en contexte y conservent une relative indépendance accentuelle dont les modalités précises de réalisation seront dépendantes du contexte intonatif d’occurrence.

En français, l’accent appartient davantage au domaine du groupe de mots qu’à celui du seul mot. Aussi, il n’est pas étonnant que les apprenants francophones de l’anglais soient confrontés à un enjeu de taille : comment garantir le marquage des accents lexicaux en anglais tout en signalant la structure intonative des énoncés ? Plus précisément, nous faisons l’hypothèse qu’il existerait des contextes syntactico-informationnels que nous qualifions de « prosodiquement contraignants » pour les apprenants francophones de l’anglais. Il s’agirait en particulier de contextes coïncidant avec une frontière d’unité prosodique : avec, par exemple, la fin d’une unité syntaxique non finale d’énoncé (généralement associée à montée dite de « continuation » en français) ou encore la fin d’une interrogative à contour montant. D’autres contextes, comme la forme de citation ou la fin d’un énoncé déclaratif seraient moins contraignants en ce qui concerne la réalisation de l’accentuation lexicale.

Pour vérifier cette hypothèse, un corpus a été constitué à partir de productions d’un dialogue lu par 13 locuteurs-apprenants francophones (étudiants avancés en anglais) et par un groupe contrôle de 10 locuteurs anglophones natifs. Deux trisyllabes suivant le schéma accentuel /010/ y apparaissent dans sept contextes différents que nous souhaitions tester. Ces termes ont ensuite fait l’objet d’un test de validation perceptive auprès d’auditeurs anglophones qui se sont prononcés sur la place de la proéminence lexicale perçue. Les résultats, que nous détaillerons, confirment que la plupart des contextes prosodiques présumés « contraignants » ont effectivement provoqué, dans les productions des francophones, une très grande instabilité de la place de la proéminence lexicale perçue les auditeurs anglophones.

 

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