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51ème Congrès
de la Société des Anglicistes de l'Enseignement Supérieur
Paris, 20 - 22 mai 2011

Atelier 27 - Musique - Résumés
Mardi, 30 Novembre 2010 13:04

 

Maud Berthomier (Poitiers / Concordia) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

« De la littérarité au journalisme littéraire : quelques propositions méthodologiques à l’usage des textes critiques de Lester Bangs sur la musique rock »

Écrire sur la musique rock peut vouloir dire plusieurs choses. D’abord tenir des discours culturels sur cette musique et seulement ensuite, peut-être, écrire des textes littéraires. Mais la critique rock, telle qu’elle fut pensée à l’origine par ses créateurs conjuguait ces deux ambitions. Aussi, constitue-t-elle un démenti du préjugé selon lequel la critique rock ne serait pas de la littérature, ou d’un genre mineur, de second ordre, et ses auteurs des écrivaillons ou des plumitifs. Mais encore faut-il pouvoir démontrer cela ; et de surcroit, est-ce bien démontrable ? La littérarité, comme chacun sait, est un problème insoluble en dehors d’une définition institutionnelle à la Danto. En tant que simple théorie stylistique, elle pose d’énormes problèmes épistémologiques. Aussi, proposerons-nous d’aborder la question du point de vue du « literary journalism », ce champ d’étude d’origine anglo-saxonne rebaptisé en France sous le nom de « journalisme littéraire ». Celui-ci nous permettra non pas de discuter ni de répondre de la valeur littéraire des textes de Lester Bangs mais bien de mettre en évidence le métadiscours qui s’y lit et qui porte sur la pratique de l’écriture et sa légitimité. Car là ressurgit un scénario d’écriture connu : le vieux débat sur la perméabilité des frontières entre littérature et journalisme auquel les écrivains-journalistes français (Stendhal ou Victor Hugo) ont participé mais aussi les journalistes-écrivains américains issus du nouveau journalisme (Truman Capote ou Tom Wolfe). Un travail qui aura donc pour finalité de conforter l’assise d’un tel champ de recherche au vu d’un support d’écriture nouveau, la presse rock, entendue comme le recueil de reportages musicaux mais aussi comme le lieu propice à une réflexion complexe et ambiguë sur le journalisme et la place qu’il occupe dans le champ dit littéraire.

  

Isabelle Brasme (Nice) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

« La Musicalité dans Parade's End de Ford Madox Ford : vers le modernisme »

C'est dans la composition musicale que Ford Madox Ford entama sa carrière artistique. L'œuvre littéraire qu'il produisit par la suite se donne bien souvent à lire comme une partition musicale. Cette communication explore l'influence de la composition musicale dans la tétralogie qu'il écrivit après la Première Guerre mondiale, Parade's End. C'est à partir d'une influence musicale issue du XIXe siècle, à première vue traditionnelle et convenue, que Ford négocie une transition vers une écriture moderniste. L'utilisation par ce musicien accompli de techniques empruntées à la composition musicale structure son exploration de nouvelles formes narratives. Le paradigme musical sert ainsi d'opérateur de l'écriture, de pivot par lequel l'écriture débouche sur sa propre mise en crise.

    

Mélody Enjoubault (Paris 4) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

« Musique en texte dans l’œuvre poétique de Christina Rossetti »

Certes musique et poésie sont liées par l’association originelle de cette dernière au rythme, au chant et à l’accompagnement instrumental, mais cette dimension prend une tout autre ampleur chez Christina Rossetti. La preuve en est que ses textes restent parmi ceux qui ont le plus inspiré les compositeurs depuis la fin du XIXe siècle en Angleterre. L’omniprésence des structures répétitives à tous les niveaux de son écriture crée une dimension spéculaire : son œuvre devient une sphère poétique close et réflexive, une chambre de réverbérations où se répondent les poèmes, les vers, les mots et les sons. L’importance donnée à la voix, et en particulier à la voix chantée, annoncée par certains titres tels que « Song », « Carol », « Psalm » ou « Hymn », souligne cette aspiration musicale que vient renforcer le choix de formes poétiques comme le sonnet (« petite chanson » en italien), les ballades, ou encore le roundel dont la structure repose sur le principe de retour. Christina Rossetti reprend d’ailleurs très souvent des vers qui jouent le rôle de refrains, et cette répétition s’accompagne en général de modifications, ce qui rapproche précisément ses poèmes de la musique. Selon Genette, « [l]’art, par excellence, de la répétition-variation, c’est évidemment la musique, dont elle est pour ainsi dire le principe absolu » (Genette 13).  Aux reformulations, rythmes binaires et silences rendus possibles par une ponctuation abondante s’ajoutent une précision remarquable dans le choix du vocabulaire, qui permet de jouer sur les allitérations et les assonances, ainsi que sur les glissements sonores grâce aux paronomases et polyptotes : le poète suggère une volonté d’utiliser les mots pour la satisfaction orale et auditive qu’ils procurent, volonté particulièrement présente dans ses comptines et ses poèmes écrits en italien, révélant une ambition poétique qui dépasse son apparente simplicité.

  

Elsa Grassy (Paris 4) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.  

« What’s in a (place) name? Fonction et symbolique des références géographiques dans le discours sur les musiques populaires américaines. Le cas de la presse (1920-2007) »

À la lecture de la presse musicale américaine, on est frappé par l’omniprésence des termes géographiques. Que les journalistes se réfèrent à des lieux précis (villes, régions, États, côtes, rues – comme Beale Street ou la 52e rue à New York –, mais aussi massifs montagneux, comme les Appalaches) ou à des types d’espaces (la ville et la campagne, la rue), il semble que, pour parler des musiques américaines, ils doivent avant tout chose les situer.
Cependant, New Orleans jazz, Chicago blues, city soul, San Francisco sound et West Coast rap, pour ne citer que quelques exemples, ne sont pas les équivalents des géographiquement neutres traditional jazz, electric blues, sweet soul, psychedelic rock ou gangsta rap. Il est possible de mettre en évidence un horizon d’attente géomusical qui associe lieu et style : dans un article sur la soul, le journaliste aura tendance à utiliser les points de repère que sont le Nord et le Sud des États-Unis, et, au sein du Sud, à caractériser le matériau musical comme étant plutôt « Memphis » ou « Muscle Shoals ». Ce qui se joue dans cette description géographique, c’est, davantage qu’une analyse des caractéristiques objectives du matériau sonore, l’établissement d’une authenticité culturelle.
À partir d’un corpus tiré de la presse d’information générale et de la presse spécialisée américaines, cette présentation vise à mettre en évidence les différentes significations des termes géographiques dans le discours sur les musiques populaires américaines ainsi que leurs fonctions rhétorique, esthétique et sociologique. Se faisant, elle se propose d’établir une méthodologie d’analyse du discours musical de la presse américaine, inspirée des méthodes de l’analyse de discours et de l’analyse de contenu.

 

Danièle Kahn-Paycha (Paris Ouest) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

“Breaking the codes ? Breaking the codes in 20th century music in the US”

The aim of this paper is to show how musicians broke the traditional codes of music in order to build a kind of so-called postmodern organic artwork that would be the synthesis of what John Brackett in his book on John Zorn calls “tradition and transgression”. The codes and mainly the role of music from the second half the twentieth century onward were broken with the universal access to music. In the Closing of the American Mind, Allan Bloom devotes a whole chapter to music and more precisely to rock and roll. Going back to Plato’s role of music in the City, he advocates the fact that music has become the common root of young people’s culture through rock and roll that invades their lives whatever their education and social class thanks to the technological progress of MP3. His essay will be used as a starting point to study the evolution of 20th century music and its growing role in the City. This paper will then be focussed on concrete examples of transgressions from the past, breaking the codes of traditional popular music, those of classical music and then those of Jazz, better to look for a new form of synthetic art such as John Zorn’s clear intention in his contemporary works.

  

Jean-Charles Khalifa (Poitiers) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

« Le caché et le visible dans le blues américain »

Notre propos dans cette communication sera d’analyser un petit corpus représentatif de blues, essentiellement primitif (années 20 et 30), pour dégager ce que nous appelons, faute de mieux, le « caché » derrière le « visible » ou audible. Il sera question de paroles, bien sûr, mais également de technique musicale, d’harmonie et de gamme. Notre questionnement tournera autour du blues en tant que langage, qui comme tous les langages est susceptible de polysémie, de distorsion, et d’ambiguïté, ou plus exactement de double (ou triple) sens.
Nous reposerons donc la question bien connue des mots, expressions et locutions au sens parfois encore obscur de nos jours, mais qui forcément devait être décodé par les récepteurs du message. On peut cependant légitimement se poser la question de ces récepteurs potentiels, des points de contact entre populations dans le sud des USA avant la Grande Dépression, de ce qui relève du jeu linguistique ou de quelque chose de plus profond, voire même de plus politique.
Nous nous demanderons ainsi si le discours tenu est tenu à destination du Même (le Noir) ou de l’Autre (le Blanc), et si le blues doit être analysé comme ligne de partage, ou encore comme ligne de fuite.
 

 

Jagna Oltarzewska (Paris 4) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

« De quoi Eminem est-il le nom ? The music of fright, fight and flow »

Eminem is a pervasive presence on the popular music scene. Best-selling rap artist of the decade in the US, widely broadcast via mainstream video and music outlets, he is a figure mired in controversy, famously decried for the misogyny, homophobia and violent explicitness of his lyrics. He has been investigated by the US secret service, sued repeatedly for defamation, charged with assault, his “hate speech” singled out for criticism across the political spectrum: gay rights groups (GLAAD) as well as staunch family-values advocates (James Dobson) have registered their displeasure. Yet his verbal skill and arresting delivery have earned him respect within the rap community and drawn praise from the likes of Seamus Heaney and Monica Ali; his appeal, particularly to middle-class youth, is massive and well-documented. As Eminem’s brand of gangsta or “reality” rap dominates the North American pop scene and commands an impressive share of global air-time, I will ask what makes his music resonate so powerfully with certain constituencies; what precisely may be at stake in the offensive or “injurious” language (Judith Butler) so freely expended; what Eminem’s flow, style, and lyrics reveal about rhythm, language and their powers of subjectivation.

  

Jeremy Price (Poitiers) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

« L’anarchie au Royaume-Uni: iconographies de l'affiche punk »

Malgré la courte durée du phénomène, de 1976 à 1979 environ, le punk a une influence profonde et tenace sur la musique, l’art, la mode, la culture populaire britannique. Il va notamment balayer du devant de la scène musical les « monuments » du rock progressif, représenté par des groupes tels que les Pink Floyd, Genesis, Emerson Lake and Palmer. Le punk propose en effet une alternative identitaire radical et s’inscrit dans cette série de mouvements de jeunesse britanniques : les teddy boys, mods, hippies, skinheads et autres rockers. Au-delà d’une sous-culture (sub-culture), le Punk est aussi contre-culture et, comme d’autres contre-cultures, emploie toute une panoplie de moyens de communication et d’expression alternatifs, subversifs, contestataires: des tags et des graffitis certes, mais aussi, et massivement, des flyers et des affiches.
Des témoins de l’époque insistent plus particulièrement sur le foisonnement d’affiches et d’autres tracts qui apparaissent avec le Punk, surtout sur les murs de la capitale. Le punk se distingue ainsi des autres mouvements de jeunesse par l’importance inédite des affiches. Parmi les images que véhiculent ces affiches, celles des Sex Pistols semblent particulièrement tenaces dans l’imaginaire populaire. Il est vrai qu’on a déjà beaucoup écrit, trop peut-être, sur les Sex Pistols. Cependant, leurs productions visuelles, et surtout leurs affiches, sont restées relativement peu étudiées, alors que les premiers grands succès musicaux du groupe sont presque systématiquement accompagnés d’affiches promotionnelles qui proposent des images marquantes : « Anarchy in the UK » ; « God Save The Queen » ; « Holidays in the Sun » ; « Pretty Vacant » etc. Cette communication proposera une analyse iconographique de quelques-unes de leurs affiches phares en tentant d’évaluer leur portée politique et esthétique.

  

Jean Szlamowicz (Paris 4) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

« The jazz vernacular : quelques données socio-linguistiques »

La définition du champ que recouvrent « les mots du jazz » ne va pas de soi. Entre sociolecte et jargon, la communauté linguistique à laquelle il fait référence est mouvante, socialement et historiquement. Reste une unité socio-esthétique ancrée dans l’histoire de cette musique et de ses acteurs. Nous tâcherons de donner un aperçu de ces dimensions en constatant les liens permanents entre le jazz et l’église, le jazz et la danse, le jazz et la conscience sociale afro-américaine. Ces conditions culturelles se sont arrimées au lexique qui, dans sa terminologie et ses métaphores, porte la trace d’une mémoire spécifique.

 

Nathalie Vincent-Arnaud (Toulouse 2) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

« Musique et littérature : les voix/es du dialogue »

Les ouvrages, colloques et articles consacrés à la rencontre de la musique et de la littérature sont désormais légion, les deux dernières décennies ayant été marquées par une augmentation sensible des travaux effectués en la matière. Ayant peu à peu fait entendre sa voix dans le concert des études comparatistes, ce dialogue intersémiotique accorde une place de choix au domaine anglo-saxon, représenté par de nombreux écrivains et compositeurs de tous horizons dont l'œuvre dessine pour le chercheur deux axes de réflexion principaux : la rhétorique de la musique et la stylistique musicale de la littérature. Les principales modalités de ce dialogue ainsi que les nombreuses perspectives qu’il ouvre feront l'objet de mon exploration à la lumière de mes propres travaux dans ce domaine et, de manière plus générale, des travaux du groupe de recherche "Musique et Littérature : dialogues intersémiotiques" de l'IRPALL (Institut Pluridisciplinaire en Arts, Lettres et Langues) de l'Université de Toulouse II-Le Mirail où la réflexion méthodologique constitue un invariant depuis les origines de notre groupe en 2000.

 

 

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