Title

51ème Congrès
de la Société des Anglicistes de l'Enseignement Supérieur
Paris, 20 - 22 mai 2011

Doctoriales - Atelier 5 - Linguistique - Résumés
Mardi, 30 Novembre 2010 13:04

 

 

Faten Ben Mosbah (Nice) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

« Traduire l’opérateur DO : De la valeur énonciative à la valeur modale »

Notre recherche a pour ambition d’apporter de nouveaux éclairages sur le plan traductologique et énonciatif. Nous souhaitons plus particulièrement examiner les différentes traductions de l’opérateur DO. Il est certainement utile d’observer le lien entre les réalisations sémantiques et fonctionnelles. En effet, il n'est pas osé de dire que l’importance de l’opérateur DO reste mal perçue. Cette étude naît alors d'une constatation majeure : la traduction de l’opérateur DO pourrait bien nous confirmer son pouvoir sémantique.

La grammaire générative conçoit DO en terme d’opérateur vide de sens : DO n’est qu’une marque syntaxique qui est fléchie selon le temps et la personne ; une telle prise de position est tout à fait réductrice car elle écarte toute valeur sémantique.

Ici, nous rejoignons la position de Jean-Claude Souesme qui considère DO comme un opérateur de mise en cause de la relation prédicative. Par ailleurs, cette analyse offre l’avantage de reconsidérer la valeur modale de DO.

Compte tenu de ces considérations, notre réflexion fait clairement apparaître la nature fluctuante de la traduction qui serait tributaire des paramètres situationnels. Cela dit, l’opérateur DO échappe à une seule caractérisation sémantique et nous oriente plutôt vers une multitude de sens potentiels qui est fortement dépendante de données énonciatives. Une des spécificités de notre étude est de pouvoir établir une assimilation entre la valeur modale de DO et son équivalent dans la langue française, à savoir les adverbes modalisateurs. Même en absence de la traduction, l’énoncé porte toujours la trace d'une opération énonciative effectuée par le biais de DO. En outre, les manipulations syntaxiques que nous pouvons opérer sur l’énoncé suite aux problèmes de traduction compensent l’absence de l’équivalence et conservent la trace de l’opération énonciative que l’énoncé se charge de porter.

Au terme de ce parcours, il serait alors intéressant d’adopter une approche énonciative dans l’étude de l’opérateur DO non plus en terme de syntaxe, longtemps considéré comme le seul angle sous lequel nous pouvons aborder le fonctionnement de DO, mais bien plutôt en terme de sémantique et de mise en cause de la relation prédicative. Il est, par ailleurs, curieux de constater que c'est sa fonction énonciative qui demande à être traduite sémantiquement en français.

 

Stéphanie Caet (Paris 3) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

« “Me want it” ou “I want it” ? Perspective globale et approche locale de la référence à soi chez deux enfants anglophones »

La présence de structures [me+verbe] dans les productions d’enfants anglophones, où me est le sujet du verbe, nourrit la réflexion des spécialistes du langage de l’enfant depuis des générations de chercheurs. Récemment, Kirjavainen et al. (2009) ont proposé une alternative constructiviste aux hypothèses générativistes longtemps prédominantes parmi les linguistes. Ces auteurs suggèrent que les structures [me+verbe] sont des constructions figées reproduites à partir de structures complexes entendues dans le langage des adultes comme let me do it. Pour certains verbes, deux types de constructions entreraient donc en compétition dans le lexique des enfants et seraient produites de manière aléatoire : [me+verbe] et [I+verbe].

Dans cette étude, nous testons cette hypothèse dans les données de deux enfants anglophones de la base de données CHILDES (MacWhinney, 2000). Dans un premier temps, nous donnons un aperçu global de la référence à soi et à l’autre dans le langage des enfants et de leurs mères. Nous montrons également que la production des formes non conventionnelles en position sujet (me, my, mine, baby, prénom) dépend effectivement de ce que les enfants entendent dans le langage des adultes. Dans un deuxième temps, nous nous focalisons sur la production de ces formes au niveau local, en contexte, et nous montrons que l’emploi de [me+verbe] et [I+verbe] n’est pas aléatoire mais s’inscrit dans un paradigme de structures ayant des fonctions sémantiques et pragmatiques spécifiques, comme le suggèrent Morgenstern (1994, 2006) et Budwig (1995) qui adoptent des approches énonciativistes et fonctionnalistes de ce phénomène.

La référence à soi chez l’enfant se situe au croisement de la syntaxe, de la sémantique et de la pragmatique. La coarticulation d’approches quantitatives globales et d’approches qualitatives au niveau local de l’interaction est donc nécessaire pour mieux en appréhender le développement.

Références
Budwig, N. (1995). A developmental-functionalist approach to child language. New-Jersey, Erlbaum.
Kirjavainen, M., Theakston, A. et Lieven, E. (2009). Can input explain children’s me-for-I errors? Journal of Child Language, 36, 1091–1114.
MacWhinney, B. (2000). The CHILDES project: Tools for analysing talk. Third Edition. Mahwah, NJ: Lawrence Erlbaum Associates.
Morgenstern, A. (1994). L'enfant apprenti-énonciateur. L'auto-désignation chez l'enfant en français, en anglais et en langue des signes française. Thèse non publiée. Université Paris 3 – Sorbonne nouvelle.
Morgenstern, A. (2006). Un JE en construction. Ontogenèse de l’auto-désignation chez l’enfant. Bibliothèque de Faits de langues, Ophrys.
 
 

Naoual Derraz (Paris 3) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

« Marquage de temps, aspect et négation en anglais et en arabe »

Dans cet exposé, nous comparons le système négatif de l’anglais à celui de l’arabe en essayant de montrer les différences et les similarités entre les deux langues au point de vue aspectuel et temporel. La négation en anglais est représentée par l’adverbe ‘not’ qui se trouve entre les projections TP (Tense Phrase) et vP (Verb Phrase). Pollock (1989) affirme que la négation est une tête comprenant sa propre projection X-barre. Elle projette NegP, le complément de Infl, et apparaît dans une position plus basse que Infl. Sur le plan syntaxique, la négation phrastique déclenche l’insertion de l’auxiliaire do.

(1) a. John didn’t write.
b. *John not wrote.

L’exemple (1) montre que la négation not en anglais oblige l’application de do support. L’insertion de do apparaît ainsi comme une stratégie qui permet de satisfaire la condition de C-commande du temps. (Laka, 1994)

Cependant, l’arabe emploie trois marqueurs différents pour exprimer la négation des trois temps basiques. L’emploi de plusieurs marqueurs de négation justifie notre point de vue que l’arabe contient des marqueurs de temps non-verbaux. Nous essayerons de démontrer que les éléments NEG sélectionnent toujours la forme Imperfective (IMP) en arabe. Considérons l’exemple suivant :

(2)a. laa ya-ktub-u zaydun qissatt-an.
Pres-neg 3m-write imper-ind. Zayd-nom. story-acc.
Zayd is not writing/doesn’t write a story. 
Zayd n’est pas en train d’écrire/ n’écrit pas une histoire.
b. *laa katab-a zaydun qissatt-an.
Pres-neg write perf-3m Zayd story-acc .

Nous pensons que c’est parce que la forme imperfective est la forme aspectuelle par excellence en arabe.

Références
Laka, I. (1994), On the Syntax of Negation, Garland Publishing.
Ouhalla, J. (1991), Functional Categories and Parametric Variation, London and New York.
Pollock (1989), Pollock, J-Y., (1989), “Verb Movement, Universal Grammar and the Structure of IP”, Linguistic Inquiry Vol 20, 3, 365-424.
Zanuttini (1991) Syntactic Properties of Sentential Negation, Diss. U. of Pennsylvania.

 

Yann Fuchs (Paris 3) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

“The pragmatics of new quotatives in oral British English: a local study of a global phenomenon”

Since the late 1970s, GO and BE LIKE have been used as quotatives, gradually replacing prototypical verbs such as SAY to introduce direct speech in oral American English (Butters: 1980; 1982). This evolution has been rather quick in comparison to the average speed of language change, and the phenomenon is now becoming global.

Early work (Butters: 1989; Ferrara & Bell: 1995; Sanchez & Charity: 1999) showed that the use of new quotatives was not significantly determined by social factors, as was originally assumed. Further work has tried to ascribe their distribution to intra-linguistic factors (Tagliamonte & Hudson: 1999; Tagliamonte & D’Arcy: 2004; Buchstaller: 2001; 2004). Similar results from various local studies in North America have prompted researchers to regard this change as global. However, local studies of the phenomenon in Britain are scarce.

This study seeks to contribute to the global investigation of the phenomenon by highlighting the local specificity of the use of quotatives in Britain and confronting the results to some of their counterparts around the globe. It was carried out on an original corpus of semi-guided oral conversations. Informants were young British native speakers, filmed in oral interaction. Quotatives were analysed with respect to semantic, pragmatic and interactional factors in a multimodal approach.

Results show that British speakers tend to use BE LIKE and GO quotatives mainly for emotionally charged quotes, quotes that are accompanied by gesture and voice change, and quotes with strong pragmatic and interactional functions. Conversely, SAY-quotes are more often used to deliver sheer facts and denotative information. We finally insist on the conversational function of the SAY / BE LIKE alternation with respect to turn marking when reporting whole dialogues, and highlight several discrepancies between British and American English.

The evolution of the functional group of quotatives answers semantic, pragmatic and interactional needs, some of which specific to British English. New quotatives help speakers convey more information than the sole use of older prototypical quotatives could code. Ultimately, this study contributes to bringing local insight into a global phenomenon of rapid language change.

References
BUCHSTALLER, Isabelle (2001). “He goes and I’m like: The new quotatives revisited.” Paper presented at NWAVE 30, North Carolina State University, Raleigh, North Carolina.
BUCHSTALLER, Isabelle (2004). The Sociolinguistic constraints on the Quotative System-British English and US English compared. Unpublished PhD dissertation. University of Edinburgh.
BUTTERS, Ronald (1980). “Narrative Go ‘Say’”. American Speech 55: 304-307.
BUTTERS, Ronald (1982). “Editor’s note [on be like ‘think’].” American Speech 57: 149.
BUTTERS, Ronald (1989). The Death of Black English: divergence and convergence in black and white vernaculars. Bamberger Beiträge zur englischen Sprachwissenschaft 25. Frankfurt am Main: Lang.
FERRARA, Kathleen & BELL, Barbara (1995). “Sociolinguistic Variation and Discourse Function of Constructed Dialogue Introducers: The Case of be + like.” American Speech 70 (3): 265-290.
SANCHEZ, Tara & CHARITY, Anne (1999). “The use of like and other verbs of quotation in a predominantly African-American community.” Paper presented at NWAVE 28. Toronto, University of Toronto.
TAGLIAMONTE, Sali & D’ARCY, Alex. “He’s like / she’s like: The Quotative System in Canadian Youth.” Journal of Sociolinguistics, Vol.8, N°4 (2004), 493-514.
TAGLIAMONTE, Sali & HUDSON, Rachel (1999). “Be like et al. beyond America: The quotative system in British and Canadian Youth.” Journal of Sociolinguistics 3: 147-172.

 

 

Retour Doctoriales - Atelier 5 - Linguistique

Retour Doctoriales - Programme général

Retour Accueil