Title

51ème Congrès
de la Société des Anglicistes de l'Enseignement Supérieur
Paris, 20 - 22 mai 2011

Doctoriales - Atelier 4 - Violences - Résumés
Mardi, 30 Novembre 2010 13:04


Claire Arènes (Paris 3) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

« La réponse du gouvernement britannique aux attentats de juillet 2005 : à la croisée entre vision nationale et internationale de la radicalisation violente »

En juillet 2005 ont lieu à Londres des attentats terroristes commis par des britanniques de confession musulmane issus du sous-continent indien. Ces attentats posent la question d’une radicalisation autochtone des communautés musulmanes. Ils sont le fait d’acteurs élevés en Grande-Bretagne et non de jihadistes internationaux et ils sont décrits comme un phénomène directement issu des errements de la gestion multiculturelle passée, accusée d’avoir généré des communautés séparées.

Sont alors élaborées, au sein de nouvelles moutures de la législation de contre-terrorisme, des mesures de ‘prévention de l’extrémisme violent’ destinées à éviter la radicalisation des jeunes musulmans britanniques. Le programme ‘Prevent’, introduit en 2006 via le Home Office, vise à mettre en place une politique de ‘cohésion communautaire’, c’est-à-dire à la fois de promouvoir davantage de contacts entre les différents groupes ethniques et d’insister sur les valeurs communes qui unissent à une communauté nationale.

Cependant, l’implication du Foreign Office dans ce même programme de prévention de l’extrémisme, au travers de sa branche Engaging with the Islamic World Group semble remettre en question la vision d’un processus de radicalisation obéissant uniquement à des logiques internes à la Grande-Bretagne.

Nous nous intéresserons ici à ce décalage entre codage du problème de radicalisation comme une affaire de politique nationale et mise en pratique ancrée dans des logiques internationales. Nous avancerons que ce décalage provient du choix effectué par le gouvernement britannique de construire le processus de radicalisation comme une question identitaire plutôt que politique. Nous verrons que ce brouillage des frontières entre ce qui relève de la politique intérieure et ce qui est lié à l’international semble inhérent à la nature du phénomène terroriste.

 

Cécile Bertrand (Paris 7) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

“Criminal Encounters in Early 19th Century Popular Discourse”

My study will focus on a particular shift in representations of the criminal, from the safe vision of a distinct and easily localized criminal poor and the literary standard of the monstrous criminal, to the spectre of a global criminal subject.

Until early 19th century, the criminal man is seen as a monster. That exclusion from civilization and society shows through a well-established system of control and punishment, centered around the scaffold and the unchanging identification of the dangerous classes with the poor classes, and through literary productions (the ‘gallows literature’). The criminal, rejected to the moral as well as geographical outskirts of the Victorian world, is no threat whatsoever to the Victorian subject, who can enjoy the spectacle of crime and justice from a safe distance.

With this paper, I intend to show the erosion of this status quo. A few famous criminal cases (the Ratcliffe Highway Murders in 1811; the Thurtell Case in 1823-4) trigger a new sensational mode: the focus shifts from the crime onto the criminal, now constituted as a subject. Far from the conventional spectacle of crime, new figures emerge (the criminal artist, or the murderous gentleman), always distancing themselves from the traditional and reassuring images of the easily localized criminal poor and the criminal monster. They show the limitations of the neat separation between the criminal space and the Victorian society as a whole and contribute to the elaboration of a potentially deviant British subject.

At that time of repressive dead-end, the medical and scientific discourses are therefore called to help redefine the criminal subject by rejecting the obsolete exclusive notion of monstrosity and replacing it with that of anomaly, in an attempt to reintroduce the distinction between the local criminal and the Victorian society. They preside to the transformation of mechanisms of knowledge and control and to the elaboration of a new Victorian criminal subject.

 

Agnès Millot (Paris 7) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

« Le transfert culturel d’une "leçon de vie" »

La pratique des châtiments corporels – et plus précisément la flagellation – est devenue, dans l’Angleterre du XIXe siècle, une tradition nationale reproduite et transmise de génération en génération, comme un héritage culturel légué d’une sphère sociale à une autre et même au-delà des frontières du pays.

Le recours à cette pratique présente le double avantage de punir et d’éduquer. Son utilisation est courante au sein de la sphère privée entre les différents membres de la famille (parents/enfants – gouvernantes/enfants - maris/femmes). Le transfert s’est opéré de façon continue dans de nombreux espaces publics chargés d’éduquer/de rééduquer la population. L’usage du fouet est fortement présent dans le monde éducatif : dans les écoles élémentaires, dans les différentes écoles privées et publiques (une attention particulière sera portée sur les Public Schools, ces écoles privées sélectives chargées d’éduquer les futures élites de la nation où cette pratique avait une fonction hautement éducative et symbolique), dans les écoles navales et militaires. Elle apparaît également dans le monde pénitentiaire, qu’il s’agisse des maisons de correction ou des prisons.

Au XIXe siècle, la pratique du fouet est devenue une expérience sociale nationale, revendiquée et recommandée pour soi et pour les autres. Dans l’imaginaire collectif, il fallait adopter cette « leçon de vie » dans les colonies britanniques à des fins de coercition sociale et de pouvoir mais aussi comme système susceptible de participer au développement de ces pays. On peut s’interroger sur la contribution des châtiments corporels dans l’essor de la société anglaise ainsi que dans celui de l’Empire britannique ainsi que sur la valeur qui est encore attribuée à cette « leçon de vie ».

 

Jennifer Randall (Paris 8) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

« Partition de l'Histoire et histoires de la Partition – l'écriture fragmentée féminine de Bapsi Sidhwa, Cracking India »

L'historien indien Partha Chatterjee, dans sa célèbre étude [1] du processus rationalisant de l'idéologie nationaliste indienne à la veille de la décolonisation, propose une reproduction du modèle bipolaire des relations sexuées sur l'espace, une « théorie des sphères » qui suggère une distinction nette entre espace public, politique, éminemment masculin, et espace privé, domestique, féminin. Cette étude vient confirmer la suprématie patriarcale et performative d'une séparation des genres. Or à cette étude vient se superposer une idée contradictoire, selon laquelle le corps féminin est l'espace depuis lequel sont menées les violences intracommunautaires et politiques (Menon et Bhasin, 1993 [2]). Que se passe-t-il en effet lorsqu'un événement aussi brutal et incohérent que la Partition de 1947 vient contaminer cette organisation spatiale, sociale, économique et politique du pays ? Que les violences masculines viennent s'inscrire sur les corps féminins ? Que « le féminin » subit « le politique » ? Que « la » voix des élites est supplantée par « des » voix minoritaires ?

Il semble qu'il ait fallu attendre les années 1990 et le cinquantenaire de l'indépendance indienne pour que la publication de nombreuses études « alternatives » vienne ajouter d'autres voix à la version officielle de l'Histoire nationale, et que celle-ci cède la place à l'écriture d'histoires. Cette fragmentation de voix trouve toute sa complexité sous la forme romanesque, lorsqu'à l'écriture de femmes vient se superposer une énonciation multiple, au réel la fiction, au besoin de dire l'envie de se taire.

Une approche interdisciplinaire, quoique principalement littéraire, nous permettra d'observer à travers le roman d'une femme (Bapsi Sidhwa, Cracking India, 1991) la façon dont cette imposition violente du « macroscopique » masculin, est menée sur le « microscopique » (le corps féminin), au point que l'écriture semble inciser la page pour faire jaillir l'encre des atrocités commises durant la Partition.

[1] CHATTERJEE, Partha, "The national resolution of the Woman Question." In Kumkum Sangari and Sudesh Vaid, ed. Recasting Women: Essays in Colonial History. Delhi: Kali for Women, 1989.

[2] MENON, Ritu et BHASIN, Kamla, Borders & Boundaries: Women in India's Partition Piscataway, NJ: Rutgers University Press, 1998.

 

Nouha Sassi (Valenciennes) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

« La vision américaine de la sécurité internationale dans l’après 11 septembre »

Depuis les attentats du 11 septembre 2001, la Maison Blanche ne cessait de présenter la sécurité internationale comme une condition sine qua non pour la sécurité des États-Unis. Cette interconnexion de sécurité a fait que n’importe quelle menace terroriste à la sécurité du monde libre présente un danger immédiat à la sécurité des États-Unis. Par conséquent, le gouvernement Bush s’est mobilisé pour éradiquer les sources qui menacent la sécurité mondiale et alors la sécurité nationale. Dans cette recherche on va notamment se concentrer sur le cas de l’Irak en étudiant comment un régime dictatorial dans ce pays a été considéré comme une menace agaçante à la sécurité américaine.

 

 

Retour Doctoriales - Atelier 4 - Violences

Retour Doctoriales - Programme général

Retour Accueil