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51ème Congrès
de la Société des Anglicistes de l'Enseignement Supérieur
Paris, 20 - 22 mai 2011

Doctoriales - Atelier 2 - Communautés et minorités - Résumés
Mardi, 30 Novembre 2010 13:04


Céline Benoît (Littoral) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

« Représentation de la diversité religieuse à l’école primaire en Angleterre : communautés locales et minorités religieuses »

L’éducation religieuse et l’acte cultuel sont obligatoires dans toutes les écoles primaires anglaises, qu’elles soient confessionnelles ou non. Les parlementaires mais aussi les directeurs d’établissement justifient leur présence au programme pour des raisons historiques et culturelles. L’objectif serait aussi de permettre aux enfants de mieux comprendre l’environnement dans lequel ils vivent et d’être tolérants de la diversité religieuse. Les programmes d’éducation religieuse doivent être représentatifs de la communauté locale et sont donc conçus localement.

La religion à l’école permet-elle l’intégration des minorités religieuses et des immigrants au niveau local ? L’enseignement de six grandes religions, de leurs traditions et croyances, à des enfants de moins de 11 ans, permet-il aux minorités religieuses d’être mieux comprises par la majorité chrétienne ou non-croyante ? Les enseignants, très peu formés à cette matière, ne se retrouvent-ils pas à simplifier des concepts importants et à généraliser les comportements des croyants ? Assistons-nous à la stigmatisation des minorités religieuses qui, mal comprises, restent en marge de la société ?

Nous nous pencherons sur le cas des autorités locales de Wolverhampton et Birmingham pour leur diversité ethnique mais aussi pour leur programme d’éducation religieuse. A Wolverhampton, il a été choisi de suivre les directives gouvernementales alors qu’à Birmingham le programme a été modifié : les enfants étudient 24 dispositions plutôt que six religions.

Après avoir observé seize établissements, dont dix établissements confessionnels, nous essaierons de voir quelles sont les similitudes et les différences entre le programme national proposé par l’État et les programmes locaux de Birmingham et de Wolverhampton. Nous en profiterons pour étudier le cas des établissements confessionnels, montrés du doigt pour ne pas être représentatifs de la communauté locale et pour promouvoir la ségrégation entre les enfants. Nous essaierons de faire la part des choses, entre mythes et réalités.

 

Claire Bourhis-Mariotti (Paris 7) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

« Frederick Douglass et l’affaire du Môle Saint Nicolas : les enjeux personnels, communautaires, nationaux et internationaux d’une crise diplomatique mineure »

Cette présentation se fonde sur un travail de thèse en cours et qui entre dans sa seconde année. J’examine le rôle d’Haïti dans le développement de la communauté africaine-américaine au XIXème siècle, en particulier à travers les écrits des activistes et abolitionnistes noirs, dont ceux de Frederick Douglass, qui y fut Ministre Résident et Consul Général des Etats-Unis. Ma présentation portera sur la crise diplomatique du Môle Saint Nicolas entre les Etats-Unis et Haïti. Le Môle, de par sa position géographique exceptionnelle, au centre des Antilles, et abrité du vent, constitue un véritable « Gibraltar des Caraïbes ». A compter de 1804, à l’issue d’une célèbre révolte d’esclaves, Saint-Domingue devient Haïti, première république noire indépendante, que les Etats-Unis ne reconnaissent qu’en 1862, au moment où Lincoln émancipe les esclaves des territoires du Sud occupés par les armées de l’Union. Il n’est donc pas étonnant que le destin du Môle croise alors celui de Frederick Douglass. Ce dernier incarne les aspirations des Noirs-Américains dans les Etats-Unis d’après la Guerre de Sécession. Ex-esclave, puis abolitionniste, il est finalement nommé Ministre Résident et Consul Général en Haïti en 1889, au moment où l’Amérique impérialiste jette son dévolu sur la petite île des Caraïbes, et plus précisément sur le Môle – désireux de s’assurer une base militaire à un endroit-clé des Caraïbes, le gouvernement américain envoie Frederick Douglass en Haïti dans le but de négocier l’affermage [1] du Môle Saint Nicolas.

Crise mineure en apparence, cette querelle internationale mit en relief les visées nord-américaines en direction des Caraïbes. Elle est également le révélateur de l’ambiguïté de la position de Frederick Douglass, qui y incarnait une certaine réussite noire en Amérique du nord et dont l’action fut désavouée, car se préparait en haut lieu aux Etats-Unis une réconciliation entre Nord et Sud aux dépens des Noirs et de leurs personnalités les plus charismatiques. L’examen de la crise du Môle Saint Nicolas, événement a priori mineur, fait apparaître des liens complexes entre la situation des Noirs sur le plan international et la condition des Noirs aux Etats-Unis, entre l’impérialisme étatsunien et la ségrégation qui s’instaure en interne. Si le rapport entre montée de l’impérialisme nord américain et dégradation de la condition noire aux Etats-Unis est assez bien connu, mon travail de thèse se fonde sur des archives peu utilisées, où Frederick Douglass apparaît sous le jour paradoxal d’un nord-américain fier, sûr de lui, qui jouit pleinement de son nouveau statut de diplomate sans arrière-pensée, ne se rendant pas compte de la précarité grandissante de sa situation. De même, les archives donnent à voir en Haïti une république qui n’éprouve aucune crainte face à un voisin arrogant dont Douglass est un représentant plutôt maladroit, déchiré par des conflits personnels internes. Ainsi mes recherches donnent de cet épisode un récit décalé, loin de la lecture téléologique habituelle. Un événement « local » permet, grâce à des archives peu connues, de porter sur le « global » un regard plein d’interrogations nouvelles.

[1] La location d’une parcelle de terrain de 1 miles carré, sur laquelle les Etats-Unis prétendent vouloir installer une station de ravitaillement en charbon – autrement dit une base militaire.

 

Vincent Cherre (Nantes) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

« Les Appalaches vues du reste des Etats-Unis : le stéréotype tenace du Hillbilly »

La région des Appalaches est une facette inattendue des Etats-Unis car elle va à l’encontre de tous les poncifs et représentations que le reste du monde peut avoir de l’Amérique. La pauvreté extrême qui règne dans cette région et les trésors naturels qu’elle renferme sont en effet à l’opposé de l’image américaine du capitalisme triomphant et des interminables gratte-ciels.

Les Appalaches, pour le reste des Etats-Unis, se limitent à des montagnes abruptes et boisées, des vallées encaissées, des rivières tortueuses et quelques petites maisons en bois entourées de jardins et d’un troupeau de bétail devant lesquelles posent plusieurs générations d’hommes minces et barbus et de femmes au teint pâle entourées d’une ribambelle d’enfants. C’est l’image classique qu’ont les Américains de ces montagnes de l’Est, celle que l’on retrouve dans la plupart des médias, des livres et des pièces de théâtre.

Celui qui vit dans les montagnes jouit d’un double statut, parfois flatteur, mais dans la grande majorité péjoratif. Il est généralement montré comme pauvre, paresseux, isolé, violent, ignare et alcoolique. Loin d’être montré comme une victime de la société et de l’isolement, on le considère, de par ses mœurs et sa paresse, comme responsable de sa propre situation. A l’instar des Rednecks du Texas, un mot est entré dans le vocabulaire courant pour décrire les montagnards appalachiens, il s’agit du Hillbilly. Né en grande partie du romantisme des Local Color Writers, particulièrement populaires après la Guerre de Sécession, ce stéréotype s’est au fil du temps adapté aux nouveaux médias. On le retrouve notamment dans les comics des années quarante (Snuffy Smith), les séries télévisées des années 60 (the Andy Griffith’s Show), la littérature contemporaine (The Kentucky Cycle de Robert Schenkkan), ou dans les films grand publics comme Délivrance.

Ce cliché du montagnard n’a presque pas changé depuis près de 150 ans. C’est d’ailleurs là la fonction première du personnage du Hillbilly. En effet, celui-ci permet notamment aux Américains de se souvenir de ce qu’ils étaient avant les évolutions techniques et technologiques du début du XXème siècle. De plus, la pauvreté, l’ignorance et la violence de ce stéréotype fait que la classe moyenne américaine peut se situer dans l’échelle sociale. Grâce au Hillbilly, les Américains peuvent ainsi pointer du doigt, souvent le sourire aux lèvres, ce qui en fait les effraye.

 

Andrea Quintero (Paris 7) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

« Le Spanglish, au-delà des frontières »

Tel un grand chêne vieux de plus de six siècles, les Etats-Unis d'Amérique représentent un modèle de croissance fondée sur des racines solides. Tous réunis dans un tronc commun, les bâtisseurs de cet empire ont pourtant divergé en différentes branches, poussés par le désir de se forger une identité propre à travers les temps.

Des quatre coins du monde, les vagues successives d’immigrants s’installent sur le nouveau continent, ramenant avec eux leurs cultures, leurs habitudes et leurs propres langues. La plupart d’entre eux se regroupent dans les grandes agglomérations et forgent aux abords les premiers ghettos. Cette proximité de mœurs engendre différentes formes de conflits ethniques et générationnels. Hors, si certains voient ces flux migratoires comme un fardeau coûteux, d'autres y voient une source de richesse sociale incomparable. Les Etats-Unis, comme puissance mondiale croissante, bénéficie pleinement des apports multiculturels inhérents à son processus d'évolution et de développement.

Si les immigrants se suivent, ils ne se ressemblent pas. Au fil du temps, le mode d’intégration sociale diffère. Certains se mêlent à la communauté américaine et adoptent la culture et la langue proéminentes. D’autres, comme les latino-américains, optent pour la résistance, privilégiant l’implantation de leur propre culture et leur langue maternelle. Le spanglish naît. Ce mélange linguistique sur fond d’anglais et d’espagnol suit alors une évolution progressive.

Les latinos représentent aujourd’hui 40% de la population américaine et constituent la première minorité ethnique de la Californie, l’un des états les plus puissants d’un point de vue économique. Révélateur d’identité, le spanglish devient bientôt une source d’attraction commerciale. A leur tour, les grandes enseignes américaines de consommation de masse adoptent le pas en ciblant ce nouveau public hispanique pour accroître leurs bénéfices. Les dépenses budgétaires liées au marketing des grandes entreprises, tout comme les démarches publicitaires des petits commerces locaux dénotent l’expansion du spanglish et contribuent fortement à son enrichissement linguistique.

 

Sarah Viel (Rennes 2) – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

“All the World as their Parish and the Parish as all their World [1]: ‘Social Holiness’ and the Wesley Deaconess Order”

This paper brings to light the history of the Wesley Deaconess Order (1890-1978) of the Methodist Church and underlines the important philanthropic, social and religious contributions of the methodist women to the English society based on the case study of one of WDO deaconesses, Jessie Burnett.

In order to fully appreciate the importance of the WDO, the first step would be to familiarise ourselves with a short history of the Order and the methodist deaconesses. We shall then look at the life and works of Jessie Burnett, a Wesley Deaconess, which will help us grasp both the local (in a methodist circuit) and the global (in England) importance of the WDO and its deaconesses, striving to work for the temporal and spiritual well-being of their fellow Christians.

Just as the first deaconess Phoebe [2], a servant of the Church, was set aside to help many people, including Apostle Paul, the Wesley Deaconess Jessie Burnett found herself serving the Church and the methodist community in various ways. Jessie Burnett worked in the Sunday Schools, organised Ladies' Tea Parties, Youth Clubs, Bible study and discussion groups, visited people in their homes etc. and made herself indispensable wherever she went. Like her, the Wesley Deaconesses embodied the very concept of “social holiness” promoted by John Wesley, the founder of Methodism, who considered it as the backbone of Methodism. They also reinforced the notion that both men as well as women must work for their own salvation which could be achieved through faith and good works.

To conclude, we shall underline the religious and feminist aspects of the WDO, in its historical context and the avant-garde role of Methodism which gave an important place to women who succeeded in becoming indispensable to the growth of Methodism in England from the early to the to the late mid-19th Century.

[1] “I look upon all the world as my parish” in The Journal of John Wesley: A Selection, Elisabeth Jay (ed.), Oxford, OUP, 1987, entry dated 11 juin 1739, p.44.

[2] “I commend to you our sister Phoebe, a servant of the church at Cenchreae, that you may welcome her in the Lord in a way worthy of the saints, and help her in whatever she may need from you, for she has been a patron of many and of myself as well.” (Romans 16: 1-2)

 

 

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